Livre V, Épitre III, adressée a Boccace
... Tu m'as écrit je ne sais quand, car j’ai oublié la date tout en me souvenant du fait, que tu avais été gravement malade, mais que grâce à Dieu et au secours d’un médecin, tu étais
dans Les Médecins à la censure ou Entretiens sur la médecine, par le D'' G..., de Besançon ; voici ce passage intéressant : ... « Cependant, ajoute Cleante, je ne comprends pas comment la pluspart de ces languissants et presque moribonds peuvent avoir le front de se qualifier médecins et de nous faire les mer veilleux récits des malades qu’ils ont guéris. Ne remarquent-ils pas que leurs visages donnent le démenty à tous leurs discours; n’entendent-ils pas que tout le monde reconnoist leur mommerie, lorsque par dérision on leur dit à leur nez ce proverbe ancien; Médecin , guéri s-toy toy-mesme. En vérité, Sosandre, j’ay quelquefois honte moy-mesme des railleries que l’on en fait. L’un dit que vous prenez ces sortes de visages pour effrayer les hommes et, les rendans malades, vous faire de la pratique. Un autre dit que, comme vous estes les peres de la mort, vous devez porter ses livrées. Q.uelques-uns publient que les reproches de vostre conscience, sur tant d’homicides que vous commettez, vous font ainsi paslir. D autres que le parfum des excremens bilieux que vous regardez d’ordinaire, vous teint la face de leur couleur. D’autres enfin disent que vous vous imaginez qu’on vous croira fort semblables à Hyppocrate, lorsqu’on dira en termes de vostre art que vous portez « un visage d^ Hyppocrate, fades Hyppocraticain ^ » Un proverbe ancien: ull porte un visage de médecin, » s’appliquait, en effet, à tout homme dont la mine était pâle et défaite. Il est vrai que pour indiquer une santé florissante, un autre proverbe disait : « Une santé de Galien. » Telle a été de tout temps la logique contradictoire de la sagesse des nations.