VIE DE PARACELSE
... Pendant environ deux ans que j’ai demeuré avec Paracelse, il a toujours été si fort adonné à l’ivrognerie et à la ci^pule, qu’à peine pouvait-on le voir une heure ou deux dans tout un jour, sans qu’il fût plein de vin, principalement après son départ de Bâle pour l’Alsace, où cela n^empècha pas qu’il ne lût admiré de tout le
(1) Fut le Stfcrétdirc de Paracelse.
monde comme un autre Esculape. Cependant, tout ivre qu’il était, il ne laissait pas de me dicter quelque chose de sa philosophie, étant de retour au logis. Pendant tout le temps que j’ai vécu avec lui, je n’ai jamais vu qu’il se déshabillât pour se coucher, mais étant bien ivre, et la nuit fort avancée, il se jetait sur un grabat, comme il se trouvait, ayant à son côté un sabre qu’il se vantait d’avoir eu d’un bourreau (i). Il arrivait souvent qu’il se levait au milieu de la nuit et qu’il tirait ce sabre, avec lequel il faisait le moulinet eTen frappant à grands coups le plancher et les murailles, en sorte que je craignais à tout moment qu’il ne me coupât la tête.