MÉNANDRE
... A prendre un médecin bavard c’est une maladie de plus que l’on gagne.
... Ce qui m’a achevé, c’est la consultation des médecins que mon médecin a voulu s’adjoindre ; je succombe sous le nombre (2).
(1) Dans une comédie jouée à Venise vers la fin du XVI' siècle, l.i Verita ramîvaa, se trouve une réminiscence de ce passage: un apothicaire et un médecin se réjouissent de voir que les maux publics vont faire leur bien particulier.
(2) On raconte que l’empereur Adrien mourut d’un flux de sang dans la Campanie, à l’âge de soixante-deux ans, en prononçant les mêmes paroles : « C’est le grand nombre des médecins qui m’a tué. » Aussi lui attribuc-t-on souvent, à tort, la
Imitation.
Pourquoi vous étonner, Julie,
Qu’un peu de fièvre et de mélancolie Ait pu mettre en cinq jours Amarante au tombeau < Avec ce pénétrant génie Qui connoît le plus fin de la philosophie,
Pourquoi demeurer court dans un chemin si beau.
Et douter du sujet de ce malheur funeste?
Cessez de vous en prendre aux innocens destins :
La cause en est trop manifeste.
Elle avoit quatre médecins.
Bordelox, Diversité:^ curieuses,
M. P... estant extrêmement malade et voyant autour de lui plusieurs médecins qu’il avoit fait appeller pro forma, afin de faire une consultation sur sa maladie, dit qu’il s’imaginoit estre un soldat qu’on alloit passer par les armes, et
paternité de cette épigramnie. On peut la rapprocher de la réflexion d’un ancien qui, voyant plusieurs médecins assemblés en consultation autour d’un moribond, s’écria : « Que de vautours auprès d’un misérable cadavre. »
Casimir Delavigne, parodiant une apostrophe célèbre d'Horace, lance contre les médecins un trait analogue dans les Comédiens, acte I, scène ii :