‹ Le malade imaginaire; comédie mêlée de musique et de dansesChapitre 15 sur 37 · SI · texte numérisé non relu

SI

CLÉANTE Mais un père 4 ses vœux vous veut assujettir,

ANGÉLIQUE Plutôt, plutôt mourir, Que de jamais y consentir ; Plutôt, plutôt mourir, plutôt mourir.

ARG. Et que dit le père à tout cela?

CLÉ. Il ne dit rien.

Arc. Voilà un sot père que ce père-là, de souffrir toutes ces sottises-là sans rien dire.

CLÉANTE Ah! mon amour

ARC. Non, non, en voilà assez. Cette comédie-là est de fort mauvais exemple. Le berger Tircis est un impertinent, et la bergère Philis une impudente, de parler de la sorte devant son père. Montrez-moi ce papier. Ha, ha. Où sont donc les paroles que vous avez dites? Il n’y a là que de la musique écrite.

CLÉ. Est-ce que vous ne savez pas, Monsieur, qu'on a trouvé depuis peu l'invention d'écrire les paroles avec les notes mêmes ?

ARG. Fort bien. Je suis votre serviteur, Monsieur; jusqu’au revoir. Nous nous serions bien passés de votre impertinent d’opéra.

CLÉ. J'ai cru vous divertir.

ARG. Les sottises ne divertissent point. Ah!

voici ma femme.

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