‹ Le malade imaginaire; comédie mêlée de musique et de dansesChapitre 29 sur 37 · AK · texte numérisé non relu

AK

Ton. Ce sont tous des ignorants: c’est du Er que vous êtes malade.

ARrG. Du poumon?

Tor. Oui. Que sentez-vous ?

Arc. Je sens de temps en temps des douleurs de tête.

Tor. Justement, le poumon.

ArG. Il me semble parfois que j'ai un voile devant les yeux.

Toi. Le poumon.

ARG. J'ai quelquefois des maux de cœur.

Ton. Le poumon.

ARG. Je sens parfois des lassitudes par tous les membres.

Ton. Le poumon.

ARrG. Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c’étoit des coliques.

Tor. Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez ?

ARrG. Oui, Monsieur.

Torn. Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin?

ARG. Oui, Monsieur.

Ton. Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ?

ARG. Oui, Monsieur.

Ton. Le poumon, le poumon, vous dis-je.

Que vous ordonne votre médecin pour votre nourriture ? io,

ARG. Il m'ordonne du potage.

Ton. Ignorant.

ARG. De la volaille. prutu

Ton. Ignorant.

Arc. Du veau. Atak

Toin. Ignorant. |

Arc. Des bouillons. JAF+°.

Ton. Ignorant.

ARG. Des œufs frais.

Ton. Ignorant.

Arc. Et le soir de petits duneaux pour cher

sn.

le Ventre’ Ton. Ignorant. 4. 4 Arc. Et surtout de boire mon vin fort noé |

Toin. Ignorantus, ignoranta, ignorantum. Il faut boire votre vin pur; et pour épaissir votre sang, qui est Hop subtil, il faut manger de bon gros bœuf, de bon gros porc, de bon froma e de V4 ME du du ri, et des Härfons et \ k dés” Shbties, pour | LR et RéohglititEk Votre C A4 hat, médecin est une bête. Je veux vous en envoyer ‘"? #.° un de ma main, et je viendrai vous voir de temps 4. n en temps, tandis que je serai en cette ville. dan à » 2. ; ARG Vous m nr beaucoup. in

ga we . « Ton. Que Être faites-vous de ce bras-là ?

ARG. Comment?

Ton. Voilà un bras que je me ferois couper tout à l'heure, si j'étois que de vous.

ARG. Et pourquoi?

Ton. Ne voyez-vous pas qu’il tire à soi toute la nourriture, et qu’il empêche ce côté-là de profiter ?

ARG Oui; mais j'ai besoin de mon bras.

Ton. Vous 2x7 là aussi un œil droit que je me ferois Srèvèr” Si j'étois en votre place.

ARrG. Crever un œil?

__ Ton. Ne voyez-vous pas qu’il incommode

l'autre, et lui dérobe sa nourriture? (Croyez-moi, faites-vous-le crever au plus tôt, vous en verrez plus clair de l’œil gauche.

ArG. (Cela n'est pas pressé.

Ton. Adieu. Je suis fâché de vous quitter si tôt ; maïs il faut que je me trouve à une grande consultation qui se doit faire pour un homme qui mourut hier.

ARG. Pour un homme qui mourut hier ?

Ton. Oui, pour aviser, et voir ce qu’il auroïit fallu lui faire pour le guérir. Jusqu’au revoir.

ArG. Vous savez que les malades ne reconduisent point.

BÉr. Voilà un médecin vraiment qui paroïit fort habile.

ARG. Oui, mais il va un peu bien vite.

BÉr. Tous les grands médecins sont comme cela.

ARrG. Me couper un bras, et me crever un œil, afin que l’autre se porte mieux? J'aime bien mieux qu'il ne se porte pas si bien. La belle opération, de me rendre borgne et manchot!

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