‹ Le malade imaginaireChapitre 18 sur 58 · LE NOTAIRE, BÉLINE, ARGAN · texte numérisé non relu

LE NOTAIRE, BÉLINE, ARGAN

ARGAN

Approchez, monsieur de Bonnefoi, approchez. Prenez un siège, s'il vous plait. Ma femme m'a dit, monsieur, que vous étiez fort honnête homme, et tout À'fait denses amis; et je l'ai chargée de vous parler pour un testament que je veux faire.

BÉLINE

Hélas! je ne suis point capable de parler de ces choses-là.

LEÉECN'ORALRE

Elle m'a, monsieur, expliqué vos intentions, et le dessein où vous êtes pour elle; et j'ai à vous dire là-dessus que vous ne sauriez rien donner à votre femme par votre testament.

ARGAN

Mais pourquoi ?

LECNOTANRE

La Coutume y résiste. Si vous étiez en pays de droit écrit, cela se pourrait faire : mais, à Paris et dans les pays coutumiers, au moins dans la plupart, c'est ce qui ne se peut, et la disposition serait nulle. Tout l'avantage qu'homme et femme conjoints par mariage se peuvent faire l’un à l’autre, c’est un don mutuel entre vifs; encore faut-il qu'il n’y ait enfants, soit des deux conjoints, ou de l’un d'eux, lors du décès du premier mourant.

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