‹ Le malade imaginaireChapitre 20 sur 58 · LE NOTAIRE · texte numérisé non relu

LE NOTAIRE

Ces larmes sont hors de saison; et les choses n’en sont point encore là.

BELINE

Ah! monsieur, vous ne savez pas ce que c'est qu'un mari qu'on aime tendrement.

ARGAN

Tout le regret que j'aurai, si je meurs, ma mie, c’est de n'avoir point un enfant de vous. Monsieur Purgon m'avait dit qu'il m'en ferait faire un.

IMÉMNOMTEATRSE Cela pourra venir encore.

ARGAN Il faut faire mon testament, m’amour, de la façon que monsieur dit; mais, par précaution, je veux vous mettre entre les mains vingt mille francs en or que j'ai dans le lambris de mon alcôve, et deux billets payables au porteur, qui me sont dus, l’un par monsieur Damon, et l’autre par monsieur Gérante.

BÉLINE Non, non, je ne veux point de tout cela. Ah!... Combien dites-vous qu’il y a dans votre alcôve ?

ARGAN Vingt mille francs, m'amour.

BÉLINE

Ne me parlez point de bien, je vous prie. Ah!... De combien sont les deux billets?

ARGAN

Ils sont, ma mie, l’un de quatre mille francs, et l’autre

de six.

BÉLINE

Tous les biens du monde, mon ami, ne me sont rien

au prix de vous.

PER NOSAMIRSE

Voulez-vous que nous procédions au testament?

ARGAN

Oui, monsieur; mais nous serons mieux dans mon petit cabinet. M’amour, conduisez-moi, je vous prie.

BÉLINE Allons, mon pauvre petit fils.

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