‹ Le malade imaginaireChapitre 22 sur 58 · RON ETAT E · texte numérisé non relu

RON ETAT E

Voilà quon m'appelle. Bonsoir. Reposez-vous sur moi.

Le théâtre change et représente une ville.

PREMIER INTERMEDE

Polichinelle, dans la nuit, vient pour donner une sérénade à sa

maîtresse. Il est interrompu d’abord par des violons, contre

lesquels il se met en colère, et ensuite par le guet, composé de musiciens et de danseurs.

POLICHINELLE

Ô amour, amour, amour! Pauvre Polichinelle, quelle diable de fantaisie t’es-tu allé mettre dans la nl À quoi t’amuses-tu, misérable insensé que tu es? Tu quittes le soin de ton négoce, et tu laisses aller tes affaires à l'abandon; tu ne manges plus, tu ne bois presque plus, tu perds le repos de la nuit; et tout cela, pour qui? Pour une dragonne, franche dragonne; une diablesse qui te rembarre et se moque de tout ce que tu peux lui dire. Mais il n’y a point à raisonner là-dessus. Tu le veux, amour : il faut être fou comme beaucoup d’autres. Cela n’est pas le mieux du monde à un homme de mon âge; mais qu'y faire? On n’est pas sage quand on veut; et les vieilles cervelles se démontent comme les jeunes. Le viens voir si Je ne pourrai point adoucir ma tigresse par une sérénade. Il ny a rien parfois qui soit si touchant qu'un amant qui vient chanter ses doléances aux gonds et aux verrous de la porte de sa maîtresse. Voici de quoi accompagner ma voix. Ô nuit! 6 chère nuit! porte mes plaintes amoureuses jusque dans le lit de mon inflexible.

Nofe e div’ amo e v’ adoro :

Cerco un si per mio rifioro; Ma se voi dite di no,

Bella ingrata, io moriro.

Fra la Sberanza

S'affige il cuore,

In lontananza

Consuma Î’ bore;

Si dolce inganno

Che mi figura

Breve |’ affanno,

Ai! troppo dura !

Cosi per tropp amar languisco e muoro.

Nofe e di v' amo e V’ adoro : Cerco un si per mio rifforo; Ma se voi dite di no, Bella ingrata, io moriro.

Se non dormite,

Amen pensate

Ale ferite

Ch al cuor mi fate.

Deh! almen fingete,

Per mio conforte,

Se m° uccideto,

D’ haver il torto :

TUoffra pietà mi scemarà il martoro.

Nofte e di v' amo e V’ adoro :

Cerco un si per mio rifforo; Ma 5e voi dite di no, Bella ingrata, io moriro.

UNE VIEILLE se présente à la fenêtre, et répond au seignor Polichinelle en se moquant de lui. Zerbinetti, ch’ ogn” bor con finti sguardi,

Menfiti desiri, Fallaci sofbiri, Accenti buggiardi, Di fede vi preggiate, Ab! che non m° ingannate.

Che già so per prova, Ch’ in voi non si trova Conflanza ne fede.

OP! quanto à pazza coli che vi crede !

Qu sguardi languidi On M iNnNamorano, Qui sofbir fervidi Pin non m° infammano, Tel giuro a fr.

Zerbino misero, Del voffro piangere I] mio cuor libero Tuol sempre ridere ; Credef a mè Che già so per prova, Ch’ in voi non si trova Conffanza ne fede.

Ob! quanto à pazza colei che vi crede !

(Violons.)

POLFCHINELLE

Quelle impertinente harmonie vient interrompre ici

ma voix | | (Violons.)

POLICAINELLE

Paix là! taisez-vous, violons! Laissez-moi me plaindre à mon aise des cruautés de mon inexorable.

(Violons.)

POLICEHINELLE Taisez-vous, vous dis-je! c'est moi qui veux chanter. (Violons.)

POLICHINELLE

Paix donc!

( Violons.)

POLICHINELLE

Ouais!

(Violons.)

POLICHMMNENTE Abi!

( Violons.) POLICGHINELLE Est-ce pour rire ?

(Violons.)

POLICHINELLE

Ah! que de bruit!

(Violons.)

POLICHINELLE

Le diable vous emporte!

(Violons.)

Jo)

POLICHINELLE

J'enrage!

(Violons.) POLICHINELEE Vous ne vous tairez pas? Ah! Dieu soit loué!

(Violons.) POLICHINELTE Encore !

(Violons.) PORTGHINEEEEr Peste des violons!

( Violons.) POLICHINEELLE La sotte musique que voilà!

(Violons.) POLIGCHENPELES ah AIRE (Violons.) POETCELTNELER Earl ARR (Violons.) POLICHINELLE Lattes RSR ( Violons.)

sé

POLICHINELLE

Las Lahaie (Violons.)

POLICHINELLE

EAN CR PEN ET E Re Fe (Violons.)

POLICHINELLE avec un luth, dont il ne joue que des lèvres et de la langue en disant : plin, tan, plan, ef.

Par ma foi, cela me divertit. Poursuivez, messieurs les violons; vous me ferez plaisir. Allons donc, continuez, je vous en prie.

Voilà le moyen de les faire taire. La musique est accoutumée à ne point faire ce qu'on veut! Oh! sus, à nous. Avant que de chanter, il faut que je prélude un peu, et joue quelque pièce, afin de mieux prendre mon ton. Plan, plan, plan, plin, plin, plin. Voilà un temps fâcheux pour mettre un luth d'accord. Phin, plin, plin. Plin, tan, plan. Plin, plin. Les cordes ne tiennent point par ce temps-là. Plin, plan. J'entends du bruit. Mettons mon luth contre la porte.

ARCHERS

pafant dans la rue, accourent au bruit qu'ils entendent et demandent :

Qui va 22 qui va 22

POLICHINELLE, fout bas,

Qui diable est-ce là? Est-ce que c’est la mode de parler en musique?

IAPAIRICIEIREERS Qui va 12? qui va là? qui va 22

POLICHINELLE, épouvanté.

Moi, mot, mor.

LA RCELER Qui va là? qui va là? vous dis-je.

POLICHINELLE

Moi, moi, vous dis-je.

L'ARCHER Et qui toi 2 ef qui toi 0

POLICHINELLE

Moi, moi, moi, mOi, MOI, MOI.

LA ROMER

Dis ton nom, dis ton nom, sans davantage attendre.

POLICHINELLE, feignant d'être bien bardi.

Mon nom eff : Ua te faire pendre!

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