‹ Le malade imaginaireChapitre 43 sur 58 · MONSIEUR FLEURANT · texte numérisé non relu

MONSIEUR FLEURANT

On ne doit point ainsi se jouer des remèdes et me faire perdre mon temps. Je ne suis venu ici que sur une bonne ordonnance; et je vais dire à monsieur Purgon comme on m'a empêché d'exécuter ses ordres et de faire ma fonction. Vous verrez, vous verrez.

ARGAN

Mon frère, vous serez cause ici de quelque malheur.

BÉRALDE

Le grand malheur de ne pas prendre un lavement que monsieur Purgon a ordonné! Encore un coup, mon frère, est-il possible qu’il n’y ait pas moyen de vous guérir de la maladie des médecins, et que vous vouliez être toute votre vie enseveli dans leurs remèdes?

ARGAN

Mon Dieu! mon frère, vous en parlez comme un homme qui se porte bien; mais, si vous étiez à ma place, vous changeriez bien de langage. Il est aisé de parler contre la médecine, quand on est en pleine santé.

BÉRALDE

Mais quel mal avez-vous ?

ARGAN

Vous me feriez enrager! Je voudrais que vous l’eussiez, mon mal, pour voir si vous jaseriez tant. Ah! voici monsieur Purgon.

Page 1