SCENE OI
BÉLINE, TOINETTE, BÉRALDE
TOINETTE sn:
Ah! mon Dieu! Ah! malheur! Quel étrange accident!
BÉLINE
Qu'est-ce, Toinette?
TOINETTE
Ah! madame! Qu'y a-t-1l?
TOINERTE Votre mari est mort!
BÉLINE
Mon mari est mort?
HOTINEMIALES Hélas! oui; le pauvre défunt est trépassé.
BÉLINE Assurément ?
TOINETTE Assurément; personne ne sait encore cet accident-là, et Je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette chaise.
BÉLINE Le ciel en soit loué! Me voilà délivrée d’un grand fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t’affiger de cette mort | TOTNNE-TAE
Je pensais, madame, qu'il fallût pleurer.
BÉLINE
Va, va, cela n'en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la sienne ? et de quoi servait-1l sur la terre? Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement ou une do dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours; sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes et valets.
MOTENRE MNT Voilà une belle oraison funèbre!
BÉLINE
Ihnrloinette. que tu m'aides à exécuter mon dessein; et tu peux croire qu'en me servant ta récompense est sûre. Puisque, par un bonheur, personne n'est encore averti de la chose, portons- -le dans son lit, et tenons cette mort cachée, jusqu’à ce que j'aie fait mon affaire. Il y a des papiers, il ya de l'argent, dont je me veux saisir, et il n’est pas juste que j'aie passé sans fruit auprès de té mes plus belles années. Viens, Toinette; prenons auparavant toutes
ses clefs.
ARGAN, se levant brusquement.
Doucement!
BÉLINE , surprise et épouvantée.
Ahi!
ARGAN
Oui, madame ma femme, c’est ainsi que vous m'aimez!
TOLNPRARE Ah! ah! le défunt n’est pas mort!
ARGAN, à Béline, qui sort.
Je suis bien aise de voir votre amitié et d’avoir entendu le beau panégyrique que vous avez fait de moi. Voilà un avis au leéteur qui me rendra sage à l'avenir, et qui m'empêchera de faire bien des choses.
BÉRALDE sortant de l'endroit où 1l s'était cache.
Eh bien, mon frère, vous le voyez.
TOINENTE
Par ma foi, je n'aurais jamais cru cela. Mais j'entends votre fille. Remettez-vous comme vous étiez, et voyons de quelle manière elle recevra votre mort. C’est une chose qu'il n'est pas mauvais d'éprouver; et, puisque vous êtes en train, vous connaîtrez par là les sentiments que votre famille a pour vous.