SCÈNE XVIII
LES MÊMES , excepté JACQUES. (i)
M"''' DÉMAR
Natalie , tu ne saurais pas par hasard où est le docteor 7
(i) Natalie contre la chenunde, Firmin dans la bergère, Madame Démar.
NATALIE
!SIoi? il me semble que c'est plutôt à toi qu'il faudrait demander cela.
M™* DÉMAR
Tout-à-Theure, quand il t'a parle', il aurait pu te dire...
NATALIE
Non , vraiment, je ne l'ai pas vu.
M™^ DÉMAU, à part.
Elle ne dit pas la vérité'. . . ils s'entendent de'jà pour me tromper. . . Le perfide I ... et pourtant il ne tiendrait qu''à moi. . . car enfin ce jeune homme qui m'adore. . . qui se meurt d'amour. . . Oh î si je n'écoutais que la vengeance ! ( Haut. )Eh bien , M, lirmin. . . il paraît que votre santé est beaucoup meilleure ?
FIRMIN
Madame , vous êtes trop bonne. . . ça va nn peu mieux ! Cependant la cause de mon mal est toujours la même. . . il n'y a pas de raison pour que ça finisse , parce que ça dépend d'une personne qui habile cette maison, et qui ne se doutç pas seulement de la chose.
M™" DÉMAR, à part.
J'en étais sure... voilà une déclaration qui m'arrive. ( Haut. ) Mais , Monsieur, vous m'étonuez I. . . je ne vois pas de qui peut dépendre votre rétablissement.
NATALIE , soudant à Firmîn ce quil doit dire.
De vous , Madame. . .
FIRMIN , se lei'ant.
De vous , Madame, de vous seule I. . . Jusqu'à présent vous ne pouviez pas me comprendre, je dissimulais, je renfermais mes sentimens... enfin j'étais une énigme... mais puisque vous avez la bonté de m'encourager. . .
M™^ DÉMAR
Mais , Monsieur, VOUS vous trompez étrangement !.. .
FIRMIN
Je vous demande bien pardon, vous m'avez encouragé... c'est positif. . .
NATALIE , /e soiifflant.
D'ailleurs , vous êtes trop bonne. . .
D'ailleurs, vous êtes trop bonne pour n^être pas sensible aux tourmens d'un jeune homme. . . un peu. . .
NATALIE, de même.
Romanesque. . .
FIRMIN
Romanesque, à la ve'rite... mais d'une naissance honnête, et qui a des espérances dn côte' de ses parens.
Je serais coupable, Monsieur, de vous laisser c ncevoir une fause espérance. . .
NATALIE , toujours même feu.
Allons , ferme. . .
FiRMiN , cVun ion suppliant.
Allons , ferme. . .
NATALIE
Non . . .
FIRMIU.
Non. . , ( A part. ) Je m'embrouille.
NATALIE
Ah! Madame!. . .
FIRMIN
Ah! Madame, vous pourriez vous opposer aux intentions les plus légitimes?,.' Non, je ne peux pas le croire... et quand vous saurez . . .
Cela est inutile , Monsieur; j ai , sans le vouloir, appris votre secret. . . je sais tout! . . .
NATALIE , à part.
Elle sait tout ! . . . qui a pu lui dire ? . . .
FIRMIN
Ah! Madame , puisque vous connaissez ma situation , vo:is ne repousserez pas la prière d'un cœur passionne!
NATALIE
A genoux! à genoux 1
FIRMIN
C^est à vos pieds que j^attcnds Tarrct de ma destinée.
M™* DÉMAR
Que faites-vous, Monsieur? je ne souffrirai pas. . .
FIRMIN
Non , Madame , je ne me connais plus I . . . Je reste à vos genoux. . . je m'y attache . . . je m'y cramponne.
M*"' DKMAR.
O ciel! mon père avec le docteur!