‹ Le malaise de la démocratie (volume 2)Chapitre 15 sur 98 · HIER BT AUJOURD'HUI · texte numérisé non relu

HIER BT AUJOURD'HUI

Je demandais un jour à un sage, égaré dans la politique, pourquoi les finances publiques s'épuisent si rapidement, sans que toutes ces dépenses

profitent à l'intérêt général. Il me répondit d'un air désespéré : « Que voulez-vous, ils sont trop! » Par curiosité, j'ai voulu comparer la France d'aujourd'hui à la France d'hier. J'ai consulté YAlmanach de 1818. Exprès, j'ai choisi cette année de népotisme et de favoritisme. Je désirais voir si ce lendemain de curée ressemblait à notre installation effrontée autour de la gamelle nationale. Eh bien! je suis obligé d'avouer que l'appétit des compagnons de Louis XVIII n'est rien auprès de nos fringales démocratiques. Quand la faim des premiers arrivants fut apaisée, on s'arrêta. Le personnel était casé, repu. On eut le loisir d'attendre jusqu'à la prochaine révolution. Si bien qu'en ce temps, justement détesté par notre libéralisme inlassable, la France était administrée par une équipe d'employés dont le chiffre n'égale même pas la moitié de nos gens en place. Pourtant, les moyens de communication étaient moins commodes qu'à présent. La transmission des ordres était malaisée. Les rouages obéissaient moins vite à l'impulsion du ressort central. Ce n'est donc pas une nécessité sociale qui nous force, maintenant, à recruter, pour l'administration de la chose publique, un état-major si considérable de « gros bonnets » largement payés.

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