‹ Le malaise de la démocratie (volume 2)Chapitre 57 sur 98 · Ernest Lavisse, Un ministre, Victor Duruy, p · texte numérisé non relu

Ernest Lavisse, Un ministre, Victor Duruy, p

Certes, l'Ecole pratique des Hautes-Etudes a rendu des services. On aurait mauvaise grâce à ne point reconnaître un fait que les étrangers proclament hautement.

Je citerai un exemple entre plusieurs.

Au mois de juin de Tannée 1882, un professeur de l'université de Liège, M. Paul Frédéricq, vint en France, afin d'étudier l'organisation de notre enseignement supérieur 1 .

Historien et philologue, M. Frédéricq s'appliqua surtout à fréquenter nos professeurs de philologie et d'histoire. Il grimpa l'escalier vénérable et très obscur par où l'on atteignait les « locaux » que la vieille Sorbonne avait prêtés aux maîtres et aux élèves de la jeune École des Hautes-Etudes. C'était au quatrième étage, dans un logis que les reconstructeurs des bâtiments universitaires n'ont pas encore détruit, 'et qui sera bientôt, avec l'église voisine, le dernier débris des bâtisses de Richelieu. Là-haut, sous les combles, parmi des livres nouveaux et des idées modernes, on retrouvait involontairement le souvenir de ces anciens « messieurs de Sorbonne », qui étaient (à ce que dit l'histoire) « toujours très pauvres et toujours très contents », qui « n'allaient point aux fêtes, faute d'argent », et qui, parfois, les dimanches d'été, retroussaient

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