‹ Le malaise de la démocratieChapitre 99 sur 108 · CHAPITRE XI CONCLUSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI CONCLUSION

Nécessité d'une réforme. — Le bon nationalisme. — Vers le passé. — L'antique prouesse. — Sursum corda !

De tout ce qui vient d'être dit, résulte la nécessité d'une réforme de notre nation.

Il faut que toutes les bonnes volontés s'associent afin de procurer à ce pays le réconfort intellectuel et moral sans lequel il ne pourra pas guérir.

La démocratie, longtemps travaillée par des crises de croissance, approche de son âge adulte.

Je suis de ceux qui, malgré tout, n'ont jamais désespéré de la nation française.

Au moment où je clos cette longue et douloureuse étude, j'entends comme une rumeur de guerre civile. Les Français se jettent des injures les uns aux autres, et semblent prêts à en venir aux coups. Tout le monde parle de 1' « Affaire ».

Et chacun — ou peu s'en faut — y cherche des arguments contre son prochain. Les bons citoyens, qui voudraient être médiateurs et s'interposer entre les combattants, risquent de recevoir, en ce moment, les malédictions des deux partis. C'est pourtant à ces pacificateurs qu'appartiendra la victoire finale.

La crise morale dont souffre la société française effraye surtout ceux qui ne connaissent pas l'inépuisable ressource dont dispose notre tempérament national.

Le Français semble au saule verdissant, Plus on le coupe, et plus il est naissant.

Il rejetonne en branches davantage, Et prend vigueur dans son propre dommage.

C'est ainsi que notre vieux poète Ronsard se consolait, en son temps, de l'horreur des guerres civiles.

Nous devons, comme lui, avoir confiance dans l'indomptable vitalité de la nation française. Chacun de nous doit inaugurer, par un sincère effort de bon nationalisme^ l'œuvre de salut public à laquelle toutes les bonnes volontés sont conviées par la détresse présente.

Je crois qu'il n'est pas nécessaire, pour sauver ce pays, que nous nous déguisions en Anglais ou en Allemands, en Norvégiens ou en Russes.

Sans tomber dans les préjugés puérils de ceux qui voudraient construire, autour de notre pays.

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