‹ Le mangeur de fer drame en cinq actes, huit tableaux dont un prologueChapitre 32 sur 107 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LÉGER, puis COLETTE.

LÉGER, entrant par la gauche.

Voilà un mois de mai qui commence bien! j’ai déjà chaud!... rafraioliissons-nous donc un peu ! (Frappant sur la table.) Gnrçotl! (Colette parait, visible de dos, au seuil de la maison.) Tiens, c'est une fille 1

Il s'assied.

COLETTE, parlant à l’iutérieur. *

Bougez pas ! j’ vas vous remplacer. (Elle se retourne.) Léger 1

LEGER, se relevant.

. Colette !

COLETTE, vouant à lui.

C’est luit quel bonheur! — Ça félonne, mon Léger, mon ami, mon pays! de m’ voir ici! Tu te d’mandes si je-n’ suis pus avec ma pauv’ chère Belotto, mademoiselle Blanche de Novaillcs.

LÉGER, qn’on a va sc crisper A chaque mot mal dit par Colette.

Que m’importe!

COLETTE

J'y suis toujours, mon ami. Mais l’oublies que j’ai une tante, moi : cabaretière ici, à l'entrée d’Auteuil. Je viens de venir la voir, figure-toi; eljcla trouve malade, et son garçon en course, et sa servante au diable!...

LÉGER

Que m'importe !

COLETTE

Mais pourquoi donc, Léger, qu’on dirait que tu m’as en grippe? Pourquoi donc qu’ tas voulu aller jn’ remplacer chez Al. de Kéral plutôt que d’ rester avec moi à l’hôtel de Novailles, quand j’y suis rentrée il aura un de ces jours six mois, après la mort d' la duchesse...

LÉGER, arec dignité.

Colette, brisons là. Je vais retrouver mon maître, AI. de Kéral, qui doit être ce soir... pas loin d’ici... Je vais lui dire que AI. le chevalier de Saint-Sauveur est venu, et l’attend dans son cabinet. — J’avais chaud : je voulais me rafraîchir; je t’ai vue : je suis rafraîchi. Adieu!

It se dirige vers la galiche.

COI.ETTE, lai barrant le passage.

Non, Léger! faut qu’ lu m’écoutes!... j’ suis p’ t’ét’ drôle, mon ami, mais j’ suis franche, et on dit qu’ la vérité, ça plail toujours! T’es bien nigaud, toi, Léger ! et l’es pas beau! Oh! non!.. Ça no fait rien, j’ t’aime grandement!

LÉGER

Alors, ça ne finira pas?...

Il sc dirige vers la droite.

COLETTE, l'arrêtant eucore;

Veux-tu rester là, brigand ! (Doucement.) Voyons, Léger ! pourquoi ne m’ r'aiinerais-tu pas comme aut’foïs?...

Tu parles si mal!... Tu as un patois... qui m’indigne!

COLETTE

J’ serais une si bonne Icirime pour mon homme! fidèle, obéissante, aimante .. et si raccommodeuse I (Lui prenant une main qu’il lui laisse prendre d'un air noble et bon.) T’ rappclles-lu

c’ qué tu tn’ disais pendant que j’ gardais mes oies ?

Elle soupire.

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