ACTE DEUXIÈME
EMMANUEL
Monsieur le duc ! le temps presse ! venez avec moi !
LE DUC
Où donc, monsieur?... Plus tard I
Monsieur le duc, il faut décidément croire que madame la duchesse a pu mourir victime d’un meurtre!
LE DUC, bouleversé.
D’un meurtre 1
EMMANUEL
Le chevalier avait loujours tardé à s'expliquer, je l’ai effrayé, il s’y est résolu. Ce soir il était chez moi, il s’est lassé de m’y attendre, il vient de me rejoindre ici...
LE DUC
Que sait-il donc?
EMMANUEL, à demi-voix. •
ta nuit de Noël, vous le reconduisiez vous-même...
LE DUC
Eh bien ?
EMMANUEL
Vous aviez tourné la rue de Varennes et vous ne vous occupiez que de votr& cheval. 'Sur le boulevard des Invalides, le chevalier a vu un homme entrer par la petite porte du jardin de votre hôtel*..
LE DUC
Il a vu cela I
EMMANUEL
Il voulait, dit-il, vous avertir; mais... il tombait de fatigue, il avait hâte d’étre chez lui; il se dit, il.se persuada même que c’était un domestique qui rentrait par cette porte.
i LE DUC, égaré.
Mon Dieu! mais... Octave! Où est Octave?...
RALPH, reparaissant à gauche.
M. le marquis doit être parti. '
EMMANUEL
Il sera rentré...
LE DUC.'
Et... le chevalier?
EMMANUEL
Il nous attend dans votre voiture. Il faut aller reconnaître cette porte, M. le duc, prévenir Octave, mademoiselle* Blanche, et décider...
LE DUO, s’oubliant et arec colère.
Mais, monsieur de Kéral !...
EMMANUEL, cédant aussi b la colère.
Mais, monsieur le duc!... (S'arrêtant et reprenant à voix basse d’un ton plus doux, mais forme.) Je vous ai compris, M. le duc, vous craignez d’entendre retentir dans l’enceinte d’un tribunal votre nom pur et glorieux!... craignez davantage d’avoir à vous dire un jour : Un meurtre nt’a pris la mère de mes enfants! Ils voulaient la venger, je ne l’ai pas voulu!... et il est trop tard!... Il est trop lardll!
LE DUC
Eh bienl venez! venez!
Ils sortent vivement.