‹ Le mangeur de fer drame en cinq actes, huit tableaux dont un prologueChapitre 65 sur 107 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

EMMANUEL

Celle femme est venue se plaindre à moi comme si elle était une victime : tant qu’aucun fait ne démentira ceux qu'elle m’a confies, elle aura le droit de compter sur moi.

Et si elle triomphe?

EMMANUEL

Elle ne triomphera pas. Il y a une fatalité qui fait que le coupable vient de lui-même aidera son châtiment. Cette femme m'a fait connaître le meurtrier.

BLANCHE

Elle!

EMMANUEL, continuant.

Oui, en me dénonçant l’homme qui l’opprime; mais il doit être armé contre elle, et il peut me la livrer comme sa complice.

- BLANCHE

Eh bien?

EMMANUEL, continuant.

Eh bien! si cet homme... (que je sais où trouver); si celui que le chevalier a enlrev u, l’homme que Léger a cru voir et celui que Colette a suivi, c’est le même homme, celui-là doit être le criminel et je suis sur sa trace. (Achevant, h Blanche.) Vous voulez venger votre mère : mais voire mère n’avait-elle pas dit qu’elle serait la mienne?... El vous doutez demoilt! Ne me faites pas celle injure... J’ai pour vous l’amour profond d’un honnête homme; je garde à la mémoire de la duchesse un culte sacré, et j’ai voué ma vie à la justice... Mademoiselle de Novailles, votre mère sera vengée I

BLANCHE, lui prenant la main.

Mon ami !

L’HUISSIER, entrant.

C’est le dossier que M. le suhslitut a fait demander à la préfecture, (il le dépose sur la table.) M. Roch est là!

Ah !... (Après avoir nn peu hésité en regardant Blanche.) Eh bien, faites-le entrer.

Pendant que l’hnissier introduit l'agent, Emmanuel dit quelques mots bas à Blanche, qui, ^baissant son voile, va s’asseoir h l’écart avec Colette.

Page 1