‹ Le mangeur de fer drame en cinq actes, huit tableaux dont un prologueChapitre 70 sur 107 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

micr plan de gauche, un homme est assis sur un tabouret, le dos appuyé h la porte du cabinet de société, habillé en noir de la tête aux pieds, et très-pile sans une ligne de linge, avec une cravate rouge.— 11 a devant lui une bouteille et un verre. — A la galerie.de ce même côlé gauche, el presque au-dessous delà porte qui existe dans le pan oblique, est assis un cucher de fiacre, les coudes sur la balustrade, il regarde danser ; il est vêtu d’un de ces immonses carriksqu’on portait sous la restauration. — De l'autre côté de la gale- ♦ rie, vers le second plan, il y a deux hommes à la même table; c’est un charbonnier auvergnat endimanché et un maçon, l’un blanc et l'autre noir, un litre est entre eux deux et leurs verres sont pleins, mais ils ne boivent pas, ils regardent. La table du premier plan de droite est vacante mais il y a du monde à peu près partout ; ça et 14 des enfants, comme dans les noces bourgeoises. — La contredanse finit. — Cette première table de droite est alors occupée par le marié, la mariée, le père et la inèro de la mariée, le garçon et la demoiselle d'honneur. — La mariée cause tout bas el d’assez prés avec le garçnud’honueur (ce qui devra se continuer pendant tout le tableau), le marié lient son mouchoir sur sa joue, il se tortille et gambade sans cesse, visiblement en proie au mal de dent. La mère de la mariée, grosse femme, couverte de fleurs, de rubans et de plumes, pleure et sanglote en regardant sa fille. La demoiselle d'honneur tire des noix de sa poche, les épluche cl les croque. Elle ne fera pas autre chose. — Le père de la mariée étale à tous les yeux son visage réjoui. 11 va et vient, boit beaucoup et rit tout seul.

LE CABXRETIER, l’arrêtant.

Vous savez, monsieur Poivrier, le vin et les liqueurs, c’esl à pari.

LE PÈRE

Mais oui! puisque c’est convenu I Ris donc, filou! (il lui

dénoue lo cordon de son tablier.)

LE CABARET1ER

Ah ! mais... c’est que... on a bu !... cl...

LE PÈRE, riant.

On a si bien bu que... que... je ne sais plus qui esl-ce qui est mon gendre! Monlrez-inoi donc mon gendre...

LE CABARETIER

Là! là! celui qui a mal aux dents .. Là ! ...

• LE PÈRE

Bon!...

Au moment où il se dirigo vers la tablo do droite, lo marié s’élance par lo fond en so tenant la michoiro.

LA MERE DE LA MARIÉE, essuyant ses larmos, au père.

Léopold! dis-moi qu’elle n’est pas perdue pour sa mère!

LE PÈRE

Deslarmes! c’eslmonépouse!(chantant.)«IIfaulrire! i (parlé.)

Ris donc, l'amour! (il lui dénoue sa ceinture.' Où est mon rendre (Appelant.) Mon gendre ? ' °

(il sort. )

LA MÈRE, le suivant.

Léopold! Léopold!...

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