‹ Le Manitoba [microforme]Chapitre 28 sur 71 · DA · texte numérisé non relu

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l'Asie, l'Europe et les terres d'Amérique. Winnipeg sera vraisemblablement Ja métropole de ce commerce, augmenté de tout ce que les vastes et fertiles prairies qui l'entourent, verseront dans ses entrepôts. Une saine prospérité naîtra de cette situation exceptionnelle, et nous voudrions voir notre race devenir l’un des facteurs de cette prospérité ; il ne manquerait pas de lui en revenir une part importante sous forme de richesses et d'influence, *".

Le Manitoba possède donc un sol extrêmement fertile, et d’une exploitation aussi facile que variée.

L'élevage des animaux peut s’y faire, seul, ou combiné avec la culture des céréales.

L'herbe de nos prairies, abondante et nutritive, est propre à former d'excellents sujets tant pour la boucherie que pour l’industrie laitière.

Par l'ouverture du Pacifique, tous les marchés du monde sont pour ainsi dire mis à notre portée.

Ces ressources diverses, fécondées par un travail constant et par la régularité des habitudes, engendreront la prospérité,

Les Canadiens-Français, qui ont été les premiers en date au Manitoba, ne voudront point paraître tourner le dos à leur passé, en laissant tomber ces richesses et cet avenir aux mains uniques d’immigrants peu sympathiques, et qui finiraient par exercer une influence dominante si nous négligions de nous fortifier au milieu d’eux.

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SÈCHERESSE

Nous croyons avoir établi dans les précédents chapitres l’incontestable fertilité du sol de la province du Manitoba, Il convient maintenant d'examiner s’il n’existe pas, à côté de cette fertilité, des inconvénients propres à en diminuer sérieusement la valeur.

Avez-vous assez de pluie pour répondre aux besoins de la végétation ? nous demandait un jour un correspondant.

Cette question nous a été faite pour la première fois en 1886. Il est probable qu’elle a été motivée par la sècheresse dont les états voisins de notre province ont souffert durant cette année,

Nous devons dire que depuis sept ans que nous habitons le pays, nous avons eu chaque année abondamment de la pluie. Nous en exceptons néanmoins, l’année 1886, durant laquelle la sècheresse s’est fait sentir dans certaines parties de la province. Les colons récemment établis dans le pays se sont naturellement enquis de l'expérience du passé sur ce point.—La réponse a été que les années de grande sècheresse étaient des exceptions ; mais que, néanmoins, sans aller à l'extrême, le climat était plutôt sec que pluvieux; ce qui convient ici aux moissons. Car trop de pluie prolonge la croissance et retarde la maturité.

Les rigueurs de notre climat, en hiver, sont elles-mêmes un préservatif contre la sècheresse, Le sol, gelant profondément, conserve, au printemps, dans les couches inférieures, une humidité très favorable à la végétation.

La surface plane du sol, qui permet à l’eau de s’écouler lentement ; le sous-sol, formé d’une glaise plus ou moins imperméable, sont autant de causes qui entretiennent l'humidité du sol, et le préservent contre les effets de la sècheresse.

Il n'y a donc pas à s’inquiétér de ce côté-là, d'autant plus qu'ici comme ailleurs, on compte sur le proverbe : année de sècheresse n’amène pas la disette.

Il est un autre inconvénient dont on se préoccupe te plus, et avec une apparence de raison ; ce sont

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