‹ Le Manitoba [microforme]Chapitre 71 sur 71 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En résumé, notre province possède un soi extrêmement fertile ;

La culture y est facile ;

Les récoltes y parviennent, règle générale, à parfaite maturité ;

C'est un préjugé de croire que le froid est insupportable, ou que nous n'avons ni bois, ni eau ;

L'idée généralement répandue que nous sommes ensevelis sous la neige, est également une erreur ; nous n'avons en moyenne pas plus de dix-huit pouces de neige ; juste ce qu'il faut pour faire de beaux chemins ; nous n’avons pas de cakofs ;

Les terrains sont actuellement à bon marché ;

Le temps est extrêmement propice pour se créer un établissement au Manitoba ;

On peut s'établir soit comme propriétaire, soit simplement comme fermier ;

Non seulement le pays est favorable à la culture du grain, mais l'élevage des bestiaux s’y fait avec un profit qui dépasse celui que donne la culture ;

Les pâturages et le foin sont à l’état naturel, abondantset gratuits ;

Nous sommes généralement exempts des tempêtes qui désolent fréquemment les Etats de l’ouest des Etats-Unis : nous sommes en dehors de la zône des tempêtes.

L'ouverture du Pacifique Canadien nous met en toute saison en communication avec les ports de mer, et avec tous les marchés du monde européen et asiatique ;

Nos institutions civiles et politiques sont les mêmes que dans la province de Québec ; ;

Nous jouissons de la plus grande liberté religieuse ;

Nous ne-sommes jamais appelés à contribuer pour un seul denier au soutien des écoies qui ne sont point de notre confession religieuse ;

Nos propres écoles sont reconnues par la constitution et subventionrées par l'Etat ;

Nous passédons pour l'instruction de la jeunesse des ressources qui nous mettent sur un pied d'égalité avec la province de Québec ;

Nous avons un collège dirigé par les Révds. Pères Jésuites ;

Nous avons plusieurs pensionnats dirigés respectivement, par les Révérendes Sœurs de la Charité, des Saints Noms de Jésus et Marie,

et par les Fidèles Compagnes de Jésus ; plusieurs académies ou écoles

modèles, également dirigées par des Sœurs ; en outre, des écoles

élémentaires dans toutes nos paroisses ;

Nous n'avons rien à envier, sous aucun rapport, aux Etats qui se trouvent au sud de nous ; tandis qu’au contraire, les catholiques de ces Etats ont à nous envier pour le moins les facilités que le catholique possède ici pour la pratique de sa foi, et la supériorité de notre système d'éducation ;

Au-dessus de cela, il faut se rappeler que le Manitoba est une province du Canada ; le Canadien qui y vient ne s’expatrie donc pas ; il trouve ici des compatriotes, parlant comme lui le français, aimant comme lui ia province de Québec et ses traditiuns, pratiquant comme lui la foi catholique ; il y trouve un système d'éducation semblable à celui de la province de Québec, le nôtre est même encore plus prononcé dans son affirmation des droits des catholiques à garder leurs contributions pécuniaires pour le seul soutien de leurs écoles ; il y trouve un clergé dévoué, éclairé, patriotique, présidé par le digne et vénérable archevêque de Saint-Boniface, Mgr Taché, dont la paternelle sollicitude s'étend à tous et à toutes choses.

Nous ne sommes pas noyés au milieu des nationalités étrangères ; nous sommes seulement dépassés ; le peu de secours que nous demandons suffirait à nous remettre sur un pied d'égalité,

Si nous pouvions nous maintenir ici sur un pied d'égalité avec les autres nationalités, nous serions plus tard une grande force pour la province de Québec.

Le Manitoba offre à nos compatriotes des Etats-Unis un champ de rapatriement qui leur donnerait à eux et à leurs descendants, un avenir plus solide que les hasards de la vie manufacturière.

C’est ici que devraient égalenient venir ceux qui songent à laisser la province de Québec. Parmi la popuiation de celle-ci, il est des familles dont les affaires sont dans un état tellement précaire, ou qui

sont s1 nombreuses, que c’est presque un devoir pour elles d’entreprendre l’améiioration de leur sort par une transmigration, soit vers les terriins boisés de eur province, soit vers les prairies de l’ouest,

Tout le rronde devrait s'intéresser à l'œuvre de la colonisation.

C'est un moy:n pour notre race de s'emparer d’une bonne partie

“ soi qui appartenait à nos ancêtres ;

est in moyen RE le bien-être dela famille, ei la fortune publique; ;

C'est un moyen «le parer les inconvénients du trop grand morcellement de la propriété ;

C’est un moyen efficace de contrecarrer l’émigration aux Etats-Unis,

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émigration si regrettable, qui nous enlève des populations intelligentes et laborieuses, lesquelles trouveraient leur vie au Canada mieux, en

beaucoup de cas, qu'aux Etats-Unis.

Nous n'avons pas de forces à perdre, si nous voulons exercer une

influence appréciable dans une confédération qui sera ultérieurement

composée de peut-être douze provinces.

S'il en est qui doutent de nos avantages, de notre position, de nos, ressources, qu'ils viennent visiter ; le Pacifique Canadien mène le visiteur à très bas prix, d’un bout à l’autre du Canada.

Le temps pour visiter est depuis la dernière quinzaine de juin jusqu’à

l'automne.

Le temps pour venir s'établir est aux mois de mars et avril. (Celui

qui arrive à cette époque peut se placer, se mettre à la culture de suite, et obtenir à l’été la vie de sa famille, quelquefois même un surplus.

Cela ne vaut-il pas mieux, même en ne considérant les choses qu’au seul point de vue matériel, abstraction faite de la supériorité de notre système scolaire, de l’excellence de notre situation au point de vue religieux, de tout ce que nous devons à notre pays comme citoyens, cela ne vaut-il pas mieux que la perspective qui nous est dévoilée par l’article suivant du Défenseur, de Holyoke :

‘€ On nous écrit de plusieurs endroits qu’un grand nombre d’émigrés canadiens sont arrivés aux Etats-Unis, depuis le commencement du mois d'octobre. Nous ne pouvons que déplorer sincèrement l’action de ces compatriotes en s’expatriant dans un temps critique où l'ouvrage est rare et les salaires comparativement insignifiants, dans la plupart des centres de la Nouvelle-Angleterre.

Nous ne serions nullement surpris d'apprendre, avant peu, que plus d’une famille canadienne est plongée dans la pius atfreuse misère.

Les populations rurales, au Canada, sont trop souvent dupes de leur ambition ou de leur ignorance des affaires américaines. Si elles savaient généralement que sur tous les points des Etats-Unis, il existe, chez la classe ouvrière, un mécontentement perpétuel contre les capitalistes ; qu’il y a surabondance d'ouvriers, dans toutes les industries ; si elles savaient, disons-nous, que le travail est peu rémunéré et très ardu, dans les usines et les fabriques américaines, elles seraient peutêtre moins tentées de quitter le pays natal.

L'émigration, surtout dans un temps comme celui-ci, est souverainement déplorable. Nous croyons qu'il est du devoir de la presse et des hommes publics, au Canada, de tâcher d’en détourner le

courant.

Compatriotes, restez au pays si vous ne voulez pas vous exposer à

d'amères décep ions ! ” ; ‘ Nous mê'ons notre voix, ajoute l’Æ/entard, à celle de notre con-

frère pour faire un appel à nos compatriotes et les prier de ne pas s’expatrier.””?

Dans la lettre de Sa Grandeur Monseigneur l’archevêque de Saint- Boniface, placée en tête de ces pages, le vénérabie prélat nous dit avec bienveillance : /e bénis votre entreprise.

Sur le point de terminer notre travail, nous aimons à nous rappeler ces bénédictions parce que nous avons foi en ce secours plus que dans notre raison, parce que nous espérons qu’elles nous auront préservé d'erreurs préjudiciables à ceux que nous avons voulu sincèrement aider, ou à la cause que nous voudrions toujours servir avec autant de discrétion que de constance.

Cette voix de notre grand évêque, est connue et vénérée de toute l'Amérique, et par de là l’océan ; elle est la plus autorisée à parler de notre pays, et nous voulons qu'elle soit le dernier écho à retentir aux cœurs de nos lecteurs :

Nous marchions d’égal à égai autant par le nombre que par la ‘ position, ayant un pied-à-terre sur tous les points principaux du ‘6 Manitoba ; aujourd’hui, bien que nous ayons réussi à garder notre ‘ position, nous ne laissons pas pourtant que d’avoir été dépassés en ‘“ nombre... [l est néanmoins temps encore... Les distances sem- Llent en queique sorte effacées... L’'échange des produits de nos campagnes, pareillement, avec les richesses des pays étrangers, n’est ‘© plus une question ; et aujourd’hui que Manitoba devient comme le ‘ point d'attraction entre les deux immenses réservbirs qui bornent ‘6 la terre d'Amérique l’un à l’est, l’autre à l’ouest ; maintenant que ‘ des années d'expérience ont montré les ressources de notre pays ‘ comme terrain propre à la culture et à l'élevage, il me semble ‘ impossible que nos frères ainés de la province de Québec ne se ‘ déterminent pas à venir ou à envoyer leurs enfants recueillir la part ‘ d'héritage qui les attend sur la terre du Manitoba... Je demande “ au ciel qui déjà m’a accordé de voir se multiplier si admirablement « l'humble semence jetée par mon illustre prédécesseur, Mgr Proven- “ cher, sur les bords de la rivière Rouge, je demande à Dieu de réjouir ‘ mes vieux jours, et de mettre le couronnement à ses miséricordes ‘en me donnant le plaisir de voir nos frères de la Province-mère “ venir assurer, ici au Manitoba, l'avenir de notre religion sainte et de ‘“ cette noble nationalité dont tous nous sommes si fiers et si glo- * rieux,"?

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