MYSTERIEUX 43 TUE RCE RE PR
—Et que peut-il y avoir encore de commun entre nous, M. Léon Duplessis, pour que vous vous permettiez une semblable démarche jusque dans cette retraite ?
—Ce qu'il peut y avoir encore de commun entre nous ? répéta-t-il; probablement qu'il n'y a plus que votre affection pour votre notle
ère et l’amitié sincère et reconnaissante que je lui porte moi-même. Et c'est cette amitié pour lui qui seule, je vous le jure, m'a fait braver plus d'un danger et jusqu’à vos paroles de dédain, pour venir vous implorer en faveur du meilleur et du plus tendre des pères, dont votre conduite a empoisonné les vieux jours, et qui se consume rapidement d’ennui et d’aifliction. Votre père, Joséphine, est au désespoir de votre mariage. Lisez cette lettre.
—Mon père est-il donc malade, Léon ?
Mais je ne puis quitter cette maison sans la permission de mon mari. Retournez vers mon père et dites-lui que bientôt je pourrai l'aller voir. Portez-lui cette nouvelle. Ie ciel m'en est témoin que je partirai dès que j'en aurai obtenu la permission.
—La permission ! fit DuPlessis avec une indignation mal contenue, la permission d’aller voir un père malade, peut-être au lit «le la mort ! Ht à qui demanderez-vous cette permission ? à ce misérable qui, sous le aasque de l'amitié, a violé les lois les plrs sacrées de l'honneur en épousant une fille sans la permission de son père.
—Ne parlez pas sur ce ton, M. DuPlessis ; car celui que vous traitez ainsi est tout aussi honorable que vous, et il est assez puissant
ur vous faire regretter amèrement vs paroles calomnieuses sur son compte. Vous faites sans doute retomber sur lui la vengeance que vous n'osez exercer contre une femime. C’est votre manière à vous de me punir ; seuiernent, cette manière est injuste. Faites-moi les repro-
ches que vous voudrez, mais, en gentilhomme aue vous êtes, épargnez du moins la réputation de celui dont tout le tort a été de s'attacher mon cœur.
—Soit ! Joséphine, ayez, si vous voulez, pour cet homme d'autant plus d'estime qu’il en mérite moins, c'est votre affaire plutôt que la mienne ; mais cela ne vous dispense pas d’avoir pour votre père les égards auxquels il a droit. Je vous déclare donc que je viens, armé de son autorité, vous ordonner de me suivre au foyer paternel, et je vous'délivrerai de l'esclavare où vous êtes, en dépit de vous-même s’il le faut.
—M. DuPlessis, ne me mensrcez point ; j'ai les moyens de résister à la force. Je suis ici chez moi ; cette maison est la mienne. Si c'est mon bon plaisir d'y vivre dans la retraite, ce n’est pas, je pense, M. Léon DuPlessis qui a le droit de s’y opposer.
—Vous changez habilement la question, madame ; car ce n'est pas moi qui m'y oppose, c'est votre père. Or, en son nom, suivez-moi, fuyez ce lieu...
A ces mots, il s’avança vers elle et saisit son bras. Elle le retira brusquement et jeta un cri qui attira dans la salle Lavergne et Cambrai.
—Flammes et fagots |! exclama ce dernier, aue se passe-t-il ici ? Madame, rentrez dans votre chambre. Et vous, monsieur, sortez de la maison, partez vite......Ou plutôt, brave Michel, le sabre à la main! et débarraissonsnous de ce misérable ?
—Non, répliqua Michel, sur mon honneur, non. Ilest venu en ma compagnie et n’a rien à craindre de moi, pour cette fois-ci du moins. Maïs, écoutez-moi, l'ami, partez le plus vite possible, j rce qu’il ne cuit rien de bon ici pour vous.
—Adieu, madame, dit DuPlessis ; Je peu de
vie qui reste à votre malheureux père aura
ine à résister à la triste nouvelle que je vais ui porter. À
À ces mots il se retira pendant que la jeune dame lui disait : -
—Léon, ne me calomniez pas. ,
—Voilà de la belle besogne ! interrompit Cambrai enrageant. Madame, rentrez dans votre chambre. L
—Je ne suis pas à vos ordres, monsieur, répondit-elle.
—C'est vrai, madame ; mais il faut pourtant que vous regagniez vos appartements.
Michel, suis cet impudent coquin, tu m'’entends ? Allons, ne perds pas sa piste.
—Je le suivrai, dit Lavergne, jusqu'à ce qu'il ait évacué la maison ; mais | r la main contre un homme qui a bu le coup du matin avec moi, c’est contre ma conscience.
Et il s'éloigna.
DuPlessis avait pris d'un pas rapide la
remière allée qui s'était présentée à lui, sans aire attention que ce n’était pas celle qui conduisait à la porte par où il était entré, et il se trouva bientôt vis-à-vis d'une porte plus petite qui donnait sur un champ. Au moment où il se demanñait comment il allait s’y prendre pour eScalader la palissade, la porte s’ouvrit pour livrer passage à un cavalier couvert d'un grand manteau.
—Gatineau DuPlessis ! fit-il ; que faitesvous ici ?
Et. qu'y faites-vous vous-même, infâme scélérat ? Y venez-vous pour recevoir de la main d'un galant homme le châtiment qui vous est dû ? ‘Tirez votre épée et défendezvous |
—Es-tu fou, DuPlessis ? Je t'assure que Josénhine Pezard de la Touche n’a rien à me reprocher, et je serais fâché de diriger une ar-