‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 133 sur 233 · CARTEL · texte numérisé non relu

CARTEL

« On porte à Monseigneur de Malines le défi de « prouver que les quarante millions d'habitans qui a vivent sur les côtes de l'océan Atlantique , et de la « mer Pacifique , sur les rivages de l'Orénoque , de « Rio-de-la-Plata et des Amazones , désirent s'affran- « chir des ordres de la camarilla de Madrid ? et lors- « qu'il consigne dans ses ouvrages une assertion aussi « insolente , on dit à Monseigneur qu'il en a menti « par sa gorge. »

Ces affiches, lu^s de grand matin dans le café par les habitués , et dans le casino par les initiés , produisirent un effet contraire à celui que le préfet en avait espéré. Le ridicule qui achève un parti , lorsqu'il est parvenu à sa maturité , l'irrite et le fortifie lorsqu'il n'a pas encore parcouru les périodes naturels de son existence. On arracha ces affiches avec indignation. On les fit brûler au pied du grand escalier du café. Jamais fureur ne fut égale à celle qu'on éprouva. Dans un parti qu'animent des passions héréditaires , la colère n'est pas une flamme passagère , c'est un feu ardent qui semble ne devoir jamais s'éteindre. On se rendit au tribunal , on somma le procureur du roi d'informer contre les séditieux qui préludaient par l'insolence à la révolte. On demanda à l'église des monitoiresT afin de mettre sous la main de la justice les en-

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