‹ Le marchand de chansons; vaudeville en un acteChapitre 18 sur 25 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

Les Préccdens, LE PÈRE BOURGUIGNON, JOSÉPHINE,

donnant le bras au père Bourguignon , et tenant le panier de provisions.

LE PÈRE BOURGCIGNON.

Suiie de l'air.

Eb ! mon Dieu, d'où vient ce tapage 1 Viens , suis-moi , rentrons, mon enfant.

BDURei'iCNON , toujours furieux et voulant se jeter sur Bourdin. Je veux venger un tel outrage, Je n' suis plus un homme & présent.

Reprise du chœur.

LIS rÈAE BOURGUIGNON ET .lO!;ÉrHINE Lu rue cst-i'llc tm' lice Pour de parcil.t combat»;'

S'il y avait d' la police,

delà n'arriv'rait pas !...

Pourquoi ces cris et ces débals ?

Séparcz-Ies. .. puÏDt de combats.

JOSÉPHINE, apercevant Bourguignon. Ciel! c'est lui!., il est ■encore là !

LE PÈRE BOURGUIGNON. Mon fils!..

BOURGUIGNON. Mon père!..

TOUS. Son père!..

BOURDIN, au père Bourguignon. Ah î c'est votre flis!.. je vous en fais mon compliment!., mon imbécile de neveu et lui, ça fait la paire.. .

LE PÈRE BOURGUIGNON. Ah ça! est-ce que je rêve!., lui que je retrouve ici !.. (H ors de lui. ) Marchand d* chansons !.. {Plus fort. ) Marchand d' chansons !..

JOSÉPHINE, d part. Voilà ce que je craignais!..

BOURGUIGNON. Mon père !.. {Lui montrant Bourdin. ) Il m'a insulté !.. il m'a donné un nom infâme! que je ne mérite pas !.. je veux le tuer!. .

ANTÉNOR , après avoir parlé bas à f oreille du père Bourguignon. Voilà comment il l'a appelé...

BOURGUIGNON, hors de lui. Oui! oui! mon père! v'ià c' qu'i' m'a dit?., et moi, moi votre fils... vous voulez que je souflre...

LE PÈRE BOURGUIGNON, d son fils. Eh bico !.. ça tc surprend!., pialheureux!.. dans l'état que tu fais!..

BOURGUIGNON, très étonné. Eh bien!., quoi donc?., l'état que j,c fais!..

LE PÈRE BOURGUIGNON. Il est indigne d'un honnête homme!., est-ce là ce que tu réservais à ma vieillesse? avilir mon nom!.. Je n'avais qu'un enfant, j'en étais fier!., je l'avais bien élevé pour en faire un brave ouvrier, un bon citoyen !. . je me disais dans 9ion orgueil de père : il sera peut-ôlre quelque chose un jour !.. il parviendra dans l'industrie... et voilà comme je retrouve mon fils!.. { Il montre la médaiUe de Bourguignon. ) Faisant le métier d'un mauvais sujet! habillé comme un... funambule !..

BOURGUIGNON, anéanti. Ah!..

JOSÉPHINE. Si encore on disait c'est le besoin , c'est le man- ,quc d'ouvrage qui vous a réduit à une telle exirémilé. ANTÉNOR. Il vous répondrait : faut vivre...

LE PÈRE BOURGUIGNOX. Vivre!.... non, monsieur, pas à ce prix-là !..

AiB : Comme il m'aimait.

On meurt de faim ! {bis.)

Plutôt que d'augmenter le nombre De ces gens qui tiavaill'nt dans l'ombre; £t lorsqu'il faut choisir enfin Entre le befoin qui déTore Et le métier qui déshonore, On meurt de faim. [bis)

BOURGUIGNON. Est-il po.ssible!.. ah!., j'ouvre les yeux!., cet homme.... tout-à-rhcure..,. il a dit qu'il allait chercher son monde!., je tremble... je crains de deviner... plus de doute ! c'est quelqu'un qu'il veut arrêter. ,. et moi qui ai donné son signalement !.. ah !.. malheureux que je suis !.. et sans m'en douter, quel vilain métier j'ai lait!., mais je l'ignorais, mes amis! je vous le jure, foi de Bourguignon ! je l'ignorais!..

ANTÉNOR, au père Bourguignon. Le fait est qu'il l'ignorait.... Bourguignon déchire un cahier de chanson , tire lin crayon de sa poche et écrit à la bâte quelques lignC!,

BOURGUIGNON. Oh! réparons tout! je le peux encore. {Lisant cequ"décrit. ) «■ Monsieur, je n'ai pas l'honneur de tous connaître, ■ je sais seulement que vous avez un chapeau gris. On vouscher- « che pour vous arrêter; remettez votre chapeau au porteur du « présent; acceptez celui que je vous envoie, et filez vile, voilà o le plus pressé. » ( À Antrnor^ lui donnant ce qu^tl rient d'écrire et son chapeau. ) Vile ! mon ami... ce papier... ce chapeau. .. à un jeune homme qui est là... dans cette maison... il porte un chapeau gris... allez!., ne perdez pas une minute....

ANTÉNOR. Un chapeau gris !. . j'y cours...

BOURGUIGNON. Mon père! vous m'avez accablé !.. vous m'avez traité comme le dernier des derniers... je le méritais !.. j'ai t'ait une faute! une grande faute!., je ne suis pas digne d'im brave père comme vo'.js!.. adieii, mon père! adieu!.*

Il sort précipitamment,

SCEJVE XX.

Le» Mêmes, excepte ANTÉNOR et BOURGUIGNON. TOUS, avec effroi Où va-t-il donc.

JOSÉPHINE. Grand Dieu!

BOURDIN. Son esprit est égaré !.. retenez-le... LE PÈRE BOURGUIGNON. Le malheureux! que veut-il donc faire?., viens, mon enfant! suivons-le!..

JOSÉPHINE. Veneiî.. venez!., il ne peut être bii'u loin ... Joséphine et le père Bourguignon sortent.

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