SCÈNE VIII. i
!•▲ MARQUISE
Quel papier?
DUBOIS
Je crois Tavoir encore : le voici.
LA MARQUISE
Lisez.
DUBOIS
C'est de la main de monsieur le marquis. <c Ce <£ jeudi i6 du courant, au matin. Aujourd'hui, à K cinq heures un quart du soir , Duhois dira à sa « femme de s*)iabiller et de mettre une robe ; à sis « heures et demie il partira de chez lui avec sa « femme , sous prétexte d'aller promener. A sept « heures et demie , il se trouvera à la petite porte ce du parc. A huit heures sonnées, il confiera à sa « femme qu'ils sont là Tun et l'autre pour m at- « tendre. A huit heures et demie... »
LA MARQUISE
Voilà bien du détail. Donnez , donnez. ( Elle parcourt le papier des yeux,) Eh bien?
DUBOIS
Monsieur est arrivé à dix heures passées. Ma femme mouroit de froid : c'est qu'il étoit survenu un accident à la voiture. Monsieur étoit dans sa ^diligence; il en a fait descendre deux femmes, l'une jeune et l'autre 4gée. 11 a dit à ma femme : Conduisez-les dans mon appartement par votre escalier. Monsieur est rentré. 11 n'a dit à la plus jeune que deux mots , et il nous les a recommandées.
i6 LA GAGEURE IMPRÉVUE.
LA MARQUISE
Eh ! où ont-elles passé la nuit ?
DUBOIS
Dans la chambre de ma femme, où j'ai dressé un lit.
LA MARQUISE
Et monsieur n*a pas eu plus d'attentions pour elles ?
DUBOIS
Vous me pardonnerez , madame : il est reTentt ce matin ayant que d'aller à' la chasse ; il a fait demander la permission d'entrer *, il a fait beaucoup d'honnêtetés, beaucoup d'amitié à la jeune per* sonne ; beaucoup , ah I beaucoup.,
LA MARQUIS eJ
Voilà ce que je ne vous demande pas. Et vous ne voyez pas à peu près quelles sont ces femmes ?
DUBOIS
Madame, j'ai exécuté les ordres : mais mafemmd m'a dit que c'est quelqu'un comme il faut.
LA MARQUISE
Amene^les-moi..
DUBOIS
, Ah, madame!
LA MARQUISE
Oui , priez-les : dites-leur que je. les prie 3e TOU^ loir bien passer chez moi.
DUBOIS
Mais si...