SCÈNE XII
MADAME FOBLISE.
Quelquefois à ceux qui les méritent. Il est en<* core des riches et des grands qui ne donnent pas aux flatteurs et aux sots les places qui appartiens neat au mérite et à la vertu. Vous les voyez cherdier avec eaupressement le grand homme, lui ten^ dre une main bienfaisante, le protéger, lenhardir et vaincre sa misanthropie par la délicatesse de leur procédé. Ils dédaignent l'encens , les petits soins , et la servile adulation des gens médiocres ; ils estiment, ils aiment même la franchise et la simplicité des hommes de génie. Voilà les protecteurs que je révère , voilà ceux à qui je voudrois ^e vous ressemblassiez, mon fils; ce sont les soutiens des arts et de la littérature , les autres en sont les fléaux et les destructeurs. Le véritable protecteur est un dieu bienfaisant , qui purge un champ de mauvaises herbes pour en ranimer les plantes salutaires.
FORLtSE.
C'est le mieux du monde , madamie , et je con- Tiens avec vous qu'il est glorieux de s'intéresser pour un homme de mérite : je pense même à cet égard que votre protégé exige tous mes soins; mais j'ai peu de crédit, je n'importune guère la ministre. . . .
tA COMTESSE.
Ah I pour cela rien de plus vrai , madame. Te* nez , il j a six mois que je persécute monsieur le marquis pour présenter un de mes protégés au mi«
a34 LA MANIE DES AHTS.
nistre , et je ne sauroia en. yènir à bout. * . • C'est pourtant un homme charmant que mon pr4>tégé; il a fait desrers délicieux pour ma petite chienne...
MADAME PORLISE.
Je ne crojois pas mon fils si raisonnable , madame ; ce seroit mal faire sa cour au ministre que de lui présenter votre pr.otégé.
LA COMTESSE
Gomment'^, madame ?
MADAME FORLISE.
Permettez -moi de ne vous en pas dire dayantage. Je vous laisse, mon fils} je me flatte que vous ne m'oublierez pas , et que vous aurez égard à ma recommandation. . . . Adieu. . . ., Ne me reconduises pas.... mes gens sont là.... Vous avez du monde..« Demeurez.... je le veux....
(Eiiesort.)
LA COMTESSE
Heureusement , nous en voilà débarrasaés.