MIS VA
Il est vrai,. Fanchette. Eh! ne dois-je pas en effet lui pardonner cette injuste délicatesse qui l'éloigné en ce moment de moi? Elle a quelque chose ^ de si noble , de si héroïque , de si imposant ! . . i Non; il me semble que Téleim est un être privilégié qui fait honte au reste de la terre; oui, Fan-
s58 LES AMANTS GÉNÊREUIL,
chette, oui.... Delà peut-être un peu d'indiseï*» tion et de franchise dans mon goût pour lui.
FASCHETTÉ.
Il Êiut bien avouer ce qu'on ne peut pas cacher.
M mu A.
Et ce qu'on ne doit pas cacher. J'aime Téleim, non pas comme on aime les autres hommes , avec cette défiance et cette réserve qu'inspirent le mépris qu'on a pour l'humanité , et les préjugés dam lesquels on est élevé; je l'aime avec sécurité, je le lui avoue avec franchise , je n'en fais mjstère à personne , parce que je ne crains ni le public , ni mon amant, ni moi -même. Il 7 a des passions qui en imposent même à la perversité des mœurs. Qui pourrois-je aimer qui valût mieux que lui , et qui répondit mieux au public de la délicatesse de mes sentiments ?
-FÀHCHETTE,
N'êtes-vous pas veuve d'ailleurs, veuve al&igée de dix-neuf ans , mais enfin maltresse de vos ao* tions?
MISSAr
Mais, quand je serois encore sous Qa puissance paternelle , je ne mettrois guère moins, de fran-j chise dans mes procédés. Je dirois à mes parentsi « Voilà l'homme qui peut seul me rendre hei « reuse; au public, voilà celui que j'ai préférai « parce qu'il est le plus vertueux, et que je vei « estimer et aimer mon mari, n