SCÈNE XIX
rite que nous prenons, marche par une route si fleurie , la pente est si insensible , notre constance dans le même projet a lair si simple et si naturel, notre patience a si peu d'humeur, que l'empire est pris ayant que tous tous en doutiez,
M. DÉTIEULETTE.
Que je m'en doutasse ou non, j'aimerois, madame , à TOUS le céder.
LA MARQUISE
Je reçois cela^ comme un compliment; mais faites une réflexion. Dès l'enfance on nous ferme la bouche , on nous impose silence jusqu'à notre établissement : cela tourne au profit de nos jeux et de nos oreilles. Notre coup-d'œil dcTient plus fin, notre attention plus soutenue , nos réflexions plus délicates ; et la modestie ayec laquelle nous nou& énonçons, donne presque toujours aux hommes une confiance dont nous profiterions aisément , si nous nous abaissions jusqu'à les tromper.
M. DÉTIEULETTE..
Ah! madame, que n'ai- je ici pour second le colonel 'd'un régiment dans lequel j'ai seryi, le marquis de Clainyille !
LA MABQUISE.
Le marquis de Glainyille ? Yous connoissez le nuffquis de Clainville ?
M. DtTlZVZETt%,
Otii , madame.
(Ici Gotte écoute nvcc attention,)
LA MAIIQVISE.
. fCe TOUS f rompez-vous pas ?
M. DÉTIEULETE.
Kon , madame. C'est un homme qui 'doit avoir S présent.... oui , il doit avoir à présent cinquante à cinquante-deux ans, de mojenne taille, fort bien prise , beau joueur, bon chasseur, grand parieur, savant, se piquant de rêtre,méme dans les détails; connoissant tous les arts , tous>les talents , toutes les sciences , depuis la peinture jusqu'à la serrurerie, depuis l'astrologie jusqu'à la médecine; d'ailleurs excellent officier , d'un esprit droit , «t vd'uu commerce sùr«
(Ici Gotte sourit»)