ACTE III, SCÈNE XIII
M I c H A V , toujours mangeant.
Ne li en parlais donc pas ; vous le fetiais pleii-^ rer. Point de queustion là-dessus. Y's êtes trop curieux, au moins. (A Richard) Allons, chante ra, te dis-je.
M A n G o T , à Richard,
Oui, chante, mon fieu; ça t'égftyera, et nous itout.
CATAu, à Richard.
Oh! oui, oui, chantez, chantez, mon frère; et pis j'en chanterons eune après.
HENRI, avec feu.
Je serai ravi de vous entendre I j'en serai enchanté !
MiCHAU, à Richard.
Allons , chante donc *, je le veux : ne fais pas le henais.
RICHARD, d'un air triste et contraint.
C'est par obéissance pour vous , mon père , ( montrant Henri) et par égard pour monsieur, qui n'a que faire de ma tristesse , que je Vîiis chanter} car je n'en ai nulle envie , en vérité..
( Il chante, )
Si le roi m'avoit donné
Paris , sa grand'ville , Et qu'il me faillit quitter
L'amour de ma mie, Je dirois au roi Henri \
« Reprenez votre Paris, ce J'aime mieux ma nûe^
ce Ogué, ce J'aime mieux ma mie ! »
(Henri se détourne et répète, à demi-^voixj au roi Henri , d'une façon gaie et d'un air satisfait. )
H E N R I ,>À Michau , en montrant Richarde L'a chanson est jolie , très jolie , et monsieur II
chante à merveille.
MiCHAir.
Je Tcroîs, qui la chante ben! Parguennef chf c'est li qui l'a faite. . . Dame ! monsieu , il est sayaot
not' fils.
H £ H n I , à Catau* Et vous , aimable Catau ; la vôtre , k présent?
CATAU
Je n'nous ferons pas presser; je n*aTons pu eune assez belle voix pour ça, (Elle chante f en ayant le visage tourné ver$ Henri»)
Charmante Gabrielle, ^
Perce de mille dards , Quand la gloire m'appelle Sous les drapeaux de Mars y Cruelle départie!*
Malheureux jour !
Que ne suis- je sans vie y Ou sans amour !
(Henri se détourne et répète avêC émotton : Chif* mante Gabrielle , pendant que Catau continue de ehanUr, et sans qu'elle s' interrompe' pour eeia,)