SCÈNE VL
KALED, NÉBI; DORNAL', AMÉLIE, ANDRÉ, UN ESPAGNOL, UN ITALIEN, enchaînés.
HÉBI.
Kaleo, je viens vous déclarer qu'il faut vous résoudre à reprendre votre esclave , à me rendre mon argent, ou à paroître devant le cadi. -
KALEn.
Pourquoi donc? De quel esclave parlez -vou»?
E§t-ce de cet ouvrier , de ce marchand ? Je conseui à les reprendre.
HéBI.
Il s'agit bien de cela. Vous faites l'ignorant : je parle de votre médecin françois. Rendez-moi mon argent, ou venez chez le cadi.
KALED
Comment ? Qu*a-t-il donc fait ?
n ÉBi.
C« qu'il a fait? J'ai dans mon sérail une jeune
^6 LE MAJlGHAIfD DE SMTRNE.
Espagnole, actuellement ma fayorite : elle est In* commoclëe ; sayez-vous ce qu'il lui a ordonné ?
XALCD.
Ma foi, non.
HÉBI.
L'air natal. Cela ne m'arrange-t-il pas bien , moi?
KALED
Eh! l'air natal... Quand je yais danji mon pâjs, je me porte bien.
Quel médecin ! Apparemment que ses malades ne guérissent qu'à cinq cents lieues de lui. L'igno* rant ! il a bien fait d'éviter ma colère : il s'est enfiii dans mes jardins; mais mes esclayes le poursuis vent et yont yous . l'amener. Mon argent , mon argent.
KALXD.
Votre argent ? Oh! le marché est bon ; il tiendra.
HÉBI.
11 tiendra? Non, par Mahomet! j'obtiendrai justice cette fois-<:i. Vous yous êtes préyalu du besoin que j'ayois d'un médecin. C'est bien malgré moi que j'ai eu recours à yous ; mais je n'en serai plus la dupe. Vous croyez que cela se passera comme l'année dernière, quand yous m'ayez yenda ce sayant..
KALED
Quel sayant ?