‹ Le marchand malgre lui comedie en cinq actes en versChapitre 49 sur 80 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les mêmes, CLAUDE.

MOLINOT PÈRE, allant terrer la main de Claude.

Ah ! c’est monsieur Champin ! — Monsieur, que Dieu vous garde 1 Mon fils n’est pas venu, car c'est nous que regarde Le projet de contrat...

CLAUDE, offrant un fauteuil à Moliuot.

Monsieur !

MOLINOT PÈRE, refusant.

Non, pas du tout !

Ma parole d’honneur, j’aime à rester debout;

Je me moque des ans; je n’en ai pas cinquante.

J'en ai deux fois vingt-cinq.

LAURE

On le voit.

MOLINOT PÈRE.

Trop charmante !

— Revenons à mon fils. Je crois que le gaillard Ménage, — vous direz que je suis un bavard, —

Une aimable surprise à votre demoiselle ;

Comme il est architecte, il termine pour elle Un plan colorié de leur appartement.

Je suis son père, eh bien ! je le trouve charmant !

— Un petit escalier, — un petit vestibule, —

Une petite chambre, — un salon minuscule, —

Un boudoir tout petit, petit. — Tenez, ce soir,

J’apporterai son plan pour vous le faire voirl C’est un petit bijou. — Mon fils, sans modestie.

Est un grand architecte : — il aime sa partie

Au moins autant que vous la vôtre, il parviendra.

Et...

(a Claude.)

C’est toujours ce soir qu’on signe le contrat?

CLAUDE

Oui, Monsieur.

MOLINOT PÈRE.

Rien ne change, et vous donnez cent mille?

CLAUDE

Oui.

MOLINOT PÈRE.

J’en donne soixante en mariant Émile.

CLAUDE

Fort bien.

MOLINOT PÈRE.

En ce cas donc, nulle difficulté.

— Àh 1 — nous nous marions sous la communauté ?

CLAUDE

Comme vous l’entendrez !

MOLINOT PÈRE.

Votre rondeur m’enchante.

(Saluant Laure.)

Ma parole d’honneur, vous êtes étonnante!

(Molinot sort.)

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