SCÈNE III
RENÉ, entrant à gauche, EUSTACHE.
EUSTACHE, allant à René.
Monsieur René, deux mots...
RENÉ
Dites, je vous écoute.
EUSTACHE
Je sais que vous aimez Claudine, et...
RENÉ
Et sans doute
Mon rival est jaloux de ce cruel bonheur,
De voir publiquement se parjurer son cœur?
Sans doute ma présence ici vous porte ombrage?
Eh bien! ne craignez rien. Monsieur, j’ai du courage I Je saurai comprimer d’inutiles regrets;
Je suis homme d’abord, l’amant ne vient qu’après.
EUSTACHE
Vous pouvez laisser là votre haine jalouse,
Ce n’est pas moi qu’on aime.
RENÉ
Et c’est vous qu’on épouse !
EUSTACHE
Non ! — car je me suis dit, avec mon gros bon sens.
Que l’on a beau gagner et des mille et des cents, Loisqu’en rentrant chez soi l’on trouve une boudeuse,
Un front qui porte écrit : Je suis bien malheureuse !
Tous les diables d’enfer logent dans la maison :
Et l’on aurait mieux fait de rester vieux garçon !
RENÉ
Quoi ! vous n’épousez pas Claudine?
EUSTACHE
A Dieu ne plaise !
— Ah ! — cela vous met-il un peu le cœur à l’aise?.. Êtes-vous satisfait?.. Faut-il vous dire encor Je n’épouserai pas Claudine? un peu plus fort?
Je n’é— pou— se— rai pas Claudine !
.RENÉ, lui prenant la main.
Cher Eustache !