‹ Le marche de SaintPierre melodrame en cinq actesChapitre 35 sur 52 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les Mêmes, DONATIEN.

FÉE!., faperccvant la première et courant à lui JLe maître ! allez-vous-eu !

la rebelière, au mouvement de Fémi- Qu'«t-ce? •

DONATIEN, à Fémi.

Il est trop lard, annonce-moi.

FÉMJ , haut.

Maître, quelqu’un.

LA RESEL1ÉRE, à part.

Quelqu’un ! celui qu'on attendait, sans doute. M 11 * hébebt, sc retournant, à part.

j Donatien!...

éléonore ; de mime.

Nous sommes perdus !

Donatien, à lui - même .

Oui. je n’at que ce moyeu de justifier ma prédance.

• la rf.beuêre , à Eléonore.

Que vient faire ici cet homme?... vous le savez ? éléonore.

Monsieur, ne croyez pas... je vous jure.....

Donatien, s’avançant résolument et passant devant Eléonore; il descend la seine et salue.

Pardon, jnonsieur, du me présenter ainsi...

; nais une affaire importante...

ÉLÉONORE

Que va-t-il lui dire ?

LA RBBELifcRR.

Une affaire? (A pan. ) C’est un prétexte.

DONATIEN

Je suis le maître d'uue habitation voisine de la vôtre.

la rréeliêre.

Quoi ! vous seriez . ..? votre nom ?

DONATIEN

LA REBELlfcRE.

Aht bon, l’homme au toit rouge. ( A pari.) Un mulâtre!... j’étais fou; cependant... (Haut.) Tu as bien vite au mon retour t

DOF ATI! I».

Si j’ai mal pria mon temps, je reviendrai*

. LA RKBELlfcRB.

Non, non ; puisque te voilà, parle.

DONATIEN

Je désirerais voua entretenir seul.

- la rebelière, à pan.

Un secret! Est-ce que réellement...? N'importe, je ne veux pas lerperdre de vue avant d’avoir éclairci mes doutes. ( Aux deux femmes.) Mesdames, soyez assez bonnes pour entrer ici quelques minutes.

« u * hébkrt, en passant.

Ah! monsieur...

DONATIEN

Ne craignez rien.

éléonorb , à pari .

Que va-t-il ae passer, grand Dieu ?

Elle* mirent dân» le cabinet.

LA îBBKLifeRB s'asseyant ett face de Donatien.

Maintenant, ea-lu bien sûr que ce soit à moi que tu désires avoir affaire?

A vous-même.

LA RBBELlfcRE.

Ab!..; je suis curieux... mais je t’en préviens, je n’aime pas être dérangé Inutilement, et si ton motif ne vaut rien...

DONATIEN

Voua en jugerez.

LA RKBELlfcRB. t I

Bien ; j’écoute.

Donatien , aveignant un portefeuille.

Je suis porteur d’une reconnaissance souscrite i autrefois... *

LA RRBELltSRE. * .

Est-ce que tu me prends pour un procureur?

DONATIEN

Souscrite autrefois, par... Rebel ie tonnelier i 1

LA RBBELifcRR, à part, te levant.

Ah! diable! (A Donatien.) Un peu plus bas.

De combien la reconnaissance?

DONATIEN

De dix mille livres.

LA RBBELlfcRE.

Dix mille livres. (A pan.) J’aurais autant aimé un autre prétexte. (Haut.) Eh bien 1 mais qu’estce que cela me fait à moi. cette créance? et quel j rapport... Ce Rehel est mort, je crois ?...

DONATIEN. i

H a laissé un fils ...

LA RBBELlfcRE.

Qui te l’a dit?

DONATIEN

Ce fils a fait une grande fortune; il possède de riches habitations, U commande la paroisse des Carbets. j

LA RKEBLlfcRE.

Bien... bien... { A pan. ) Impossible d’y échapper! Je me trempais, c’est bien mol que le coquin vient chercher ici. ( Haut. ) Et c’est a toi que celte Créance... ?

DONATIEN

Elle est au nom de M d’Enambuc, ce riche colon, mon protecteur qui m’avait emmené eu France ; mais elle m’appartient, puisqu’il me l’a remise en pur don, ainsi que cette lettre qui vous est adressée.

.LA REBBLifcRK, après l’avoir parcourue.

En effet... oui, je reconnais la signature, elle est fort honorable, sans doute... Ah! une demandb de liberté?

DONATIEN

Oui, monsieur. M. d’Euambue, for**ë de rester en France, a pensé qu’il ne pouvait mieux s’adresser qu’à vous pour obtenir du gouverneur, dont vous êtes l'ami, la patente de liberté qui doit régulariser tous les droits que j’ai acquis en touchant la terre de France.

LA REBELlfcRE.

Certainement, je serais charmé d’être agréable à M. d’Enambuc; mais il a eu tort de’ penser qu’il m« suffirait de dire au gouverneur : Faites cetto chose- et encore plus, de s’imaginer que je trouverais comme cela, à la minute, dix mille francs dans ma caisse.

DONATIEN

Ah ! monsieur, que 'ce billet reste à jamais dans vos mains; ce n’est pas l'argent qui m’inquiète... .Oh! non, ce que j’ai me suffit pour vivre, et je donnerais tout mon avoir pour être, par la patente du gouverneur, libre de fait, comme je le suis de droit.

. la nEBELifcRE, à. part.

Il n’est pas intéressé, et ce serait peut-être un moyen de ne rien rendre.

DONATIEN

Je ne vous demande qu’une grâce, monsieur, c’est d’écrire sur-le-champ au gouverneur.

* LA RBBELlfcRE.

Çh bien! soit... je vais apostiller cette lettre... (Il s’assied, prend une plume , et se penche pour écrire . ) Que vois-je? ( Lisant le papier écrit par Eléonore.) «Mon tuteur est de retour!... ne venez » pas.» (Avec fureur . ) Ah! j’avais donc deviné! et cei homme qui se trouve là, tout-à-coup... ce serait lui?.*- lui!... un mulâtre! Ah! l’indigne!

DONATIEN , l’examinant.

Il s’arrête. • il hésite... Quelle est sa pensée?... LA RBBELlfcRE, sc levant brusquement et allant à

Donatien.

Tu es déjà venu ici plusieurs fois en mon absence?

DONATIEN, vivement.

Jamais!

LA REBRLlfcnK.

Tu mens ! aujourd’hui, ce n'cit pas moi que tu croyais trouver ; cette lettre l a servi de prétexte.

DONATIEN. t

Monsieur...

MAGASIN THEATRAL

LA REBELIÉRE. *

Sans cela, n’aurais-tu pas songé plut tôt à me ’a présenter... Elle a prés d'une année de date. Allons, avoue qu'on l'attendait... avoue qu’on nie trompe... et j'écris au gouverneur... et lu es libre... i et je te donne dit mille livres... le double, le ' triple!... tout ce que lu voudras.

DONATIEN

Monsieur, je ne suis pas venu ici pour conclure i un marché auquel je ne comprends rien, et qui > reposerait sur un mensonge odieux. J’y suis venu j pour réclamer un droit, et j'attends.

LA REBELIÉRE, avec rarjC.

♦Ab ! oui, tu attends cette lettre... ton seul titre de liberté I... Eh bien ! lu n'en as plus.

Il la déchire.

DONATIEN

Misérable! lu Tas me rendre compte à l'instant d’une pareille trahison.

éléonohe, quif au cri t le Donatien, a paru à la porte du cabinet, se plaçant entre eux.

Arrêtez !

la rebeliére, à lui-même.

Elle écoulait... plus de doute... {S'arrêtant.) Oh! je leur garde un supplice! [Haut.) Va-l’en! DONATIEN , à Eléonore.

Pour vous, mademoiselle. {A la Rebeliére.'.

Nous nous reverrons, monsieur.»

LA REBELIÉRE.

Oui, oui, nous nous reverrons, ( à part ) pour te faire périr sous le fouet d'un commandeur.

DONATIEN

Moi ?... • .

LA REBELIÉRE

Oui, toi! esclave!

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