SCENE XI
DONATIEN. PALÊME.
PALÊME.
Tout est prêt... venez.
DONATIEN
Impossible, Palême.
PALÊME.
Êtes-vous trop faible?... Je vous porterai.
DONATIEN
Ça n'est pas cela.
PALÊME.
Est-ce la garde?... J'ai deux couteaux ; vou en prendrez un... on ne nous aura pas vivans.
DONATIEN
Non, te dis-je, je ne partirai pas... je l'ai juré.
PALÊME.
Juré I... à qui donc?...
DONATIEN
A elle, Palême... à Éiéonore!
PALÊME.
Elle est venue!... Ah! c'est bien, ça!... Mais comment? que fera-t-elle?
DONATIEN
l’ignore... mais j’ai juré.. Pars, la milice
LF, MARCHÉ DE SALVT-PIERRE.
est sur pied.. J’cnleods les pas des sentinelles .. Pars, et que Dieu le protège!
PAl.ÊSIR.
C'est vous qui le voulez... Ce u est pas ma faute; vous manquez là une belle occasion...
Enfin, nous nous reverrons a Saint-Pierre.
Il «lUpanll. Feint, qui pendant fc Irmpt a écoute' prêt «Je IVtolicrde la Rclmliirr, puis a ferme la porte «lu parterre avec beaucoup de précaution, revient à Eléonore, qui l'attend.
FÉMI
La porte est fermée , plus rien qui puisse nous trahir.
ÉLKONOHK.
Rentrons.
Elles se dirigent vert la chambre d’Eléonore.
DONATIEN, dans son cachot, après avoir replacé la dalle de Palime.
Elle m'aime! j’ai entendu sa vois m’apporter des paroles de consolation; j'ai senti l'étreinte de ses chastes mains pressant mes mains meurtries...
Coup de feu.
ELÉONORE
Ciel!
Elle tombe tremblante sur un siège.
F BMI.
Qu'est-ce que c’est que ça, Jésus!
DONATIEN
Un coup de feu ! sur Palème peut-être... Ah ! le malheureux s’est fait tuer pour moi !
MICHEL, paraissant dans le parterre d la grille du cachot, où il regarde.
Ce n'est pas lui.
i..\ RKRELtfcnB, qui s'est jeté i bas du divan, a ouvert sa fenêtre.
Qui va la?.. (A Michel, qu'il aperçoit de sa fenêtre. ) Pourquoi ce coup de feu? qui l’a tiré?
MICHHL.
C'est un milicien.
LA REBEL1ÊRE.
Sur qui ?
MICHEL
Sur un homme qui tentait de se sauver en escaladant les murs de l'habitation.
LA RBBBLIÊRB.
El le prisonnier?...
MICHEL
Il n'a pas bougé de son cachot, le voilà...
LA REBELIRnB.
Il n’y restera pas plus long-temps; amène-le.
Michel «litparail dans Ij coulisse u droite. La Rebelière ouvre sa porte.
m ,,# hébkrt, qui est entrée en ce moment.
Qu'est-il arrivé, mon l)ieu?
j La rebkliere , sur le palier, aux esclaves qui entrent par le fond.
Qu'on fasse les préparatifs du départ.
Il descend l'escalier.
4 palêmb , paraissant dans le parterre ù la grille . Ce n’est pas encore pour cette fois.
DONATIEN
Tu n és pas blessé ?
PALÊMB.
| Non; mais on me cherche... Du bruit à la porte I de votre cachot; je me sauve.
Il grimpe le long de U grille juiqu'i la fenêtre de la Rebellera. Le caebot s'ouvre, Michel entre.
michkl, à Donatien.
Allons, en route.
Donatien *e lève et suit Michel et les soldats; ils disparaissent dans la coulisse i droite.
la RF.BELiknK, qui ett descendu en scène.
Éléonore ici!... qui donc a pu...? (A Eléonore.) Mademoiselle, préparez-vous à me suivre.
Il se dirige vers la petite porte du parterre, qu'il ouvre. ÉLÉONORE, à part.
0 mon Dieu ! quand le moment approche, je sens défaillir mon courage.
Palêmb, paraissant à la fenêtre de la Rebelière.
Bon! l'alerte a fait sortir l'ours de sa tanière. ( Il prend pied. ) Je ne lui conseille pas d'y rentrer.
la rebeliBre, revenant à Eléonore.
Vous m'avez entendu ?
éléonore.
Monsieur, monsieur, je rétracte les paroles que je vous ai dites lout-a-l'heure; abandonnez vos I projets contre cet homme; laissez-le libre, et je me soumets : je serai votre femme, votre es- ! clave !
LA REBBLIÊRB.
Il est trop lard... il faut que vous assistiez à • cette vente, et vous y assisterez.
ÉLÉONons, éclatant.
Et moi, je vous déclare que je ne suivrai pas un lâche! Non, monsieur, non, j'ai un autre devoir à remplir... un devoir sacré, celui d’arracher de vos mains un homme qui s'est dévoué pour moi ! et je le sauverai !... oui , je sens la que je le sauverai : Vous êtes tout-puissant, monsieur; tout cède à votre volonté... je ne suis, moi, qu'une femme ; je n'ai pas un ami . pas un parent qui puisse me protéger... mais vous m'avez jeté un honteux défi.. Eh bien ! monsieur, je l'accepte!... et ma conscience me dit que ce n’est pas moi qui succomberai !
EUc fait un pas pour sortir, la Rebelière l'arrêta par la main.
MAGASIN THEATRAL
Arrétex , mademoiselle, vous ne sortirez pas; 1 vous n’êtes pas majeure encore, pour disposer J ainsi de votre personne ; demain soit; mais jusqu’à demain je suis le maître, et maintenant je veux que vous «estiez ici.
êtiosou.
Prétendez-vous me traiter comme votre esclave?
LA REBELlfeRS.
Non, non, ma toute belle; mais jusqu’à ce soir otîime ma prisonnière; je vais donner mes ordres; en mon absence, nul ne s'éloignera d’ici. paléve, 0 pan , dans la chambre et aux aguets.
Il faudra pour Uni bien que je sorte.
LA rereliErb, à tout le monde.
Partons!
Pélagie , qui est entrée à la suite de totu le ,
monde avec ses cartons de voyage , s’approcha d'Eléonore.
Mademoiselle, vous ne m'avez pas dit...
Klle présente le cotTrot.
Ki.ÊOTtORB, vivement et bas.
Ce matin, à Saint-Pierre, on vendra un épave nommé Donatien ; tu l'aebèteras.
Pendant ce temps on a su psster Donatien avec Michel LA RKBBLifcRK, voyant Donatien amené par
Michel.
A Saint-Pierre.
palêvk. Voreille collée contre la porte de la chambre.
Je partirai le dernier; mais j'y serai encore plus UH que toi !