‹ Le marché financier en 1900-1901Chapitre 73 sur 132 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le budget de 1900. — Le changement de cabinet. — La conversion de la dette flottante. — L'échange des dettes amortissables et coloniales. — Les négociations avec les porteurs étrangers de la Rente Extérieure. — Cours des fonds publics. — Cours des changes. — Commerce extérieur. — Recettes des Compagnies des chemins de fer (1).

L'année dernière avait assisté à la laborieuse mise en vigueur du budget élaboré par M. Villaverde et on était curieux de savoir jusqu'à quel point le ministre des Finances avait calculé juste. Au moins pour une fois l'événement a justifié les prévisions du ministre et encore celui-ci a-t-il eu à compter avec des imprévus (2).

Sous la pression de Fopinion publique, le budget des dépenses avait été réduit à 902 millions de pesetas, et les recettes à

[1) Par X"\

(2) A son entrée au ministère des Finances, M. Villaverde se trouvait en présence de la situation suivante : il avait été payé pour les frais de la guerre 1.969 millions de pesetas, il était dû encore 260 millions. Le découvert montait donc à 2.229 millions ; on avait négocié des billets hypothécaires de Cubaet-des Philippines, escompté despagarès du Trésor à la Banque d'Espagne. Les dettes dos colonies s'élevaient en capital à 1.469 millions. L'annuité nécessaire pour le service des dettes de guerre représentées par des effets du Trésor (1.445 millions), bons émis et négociés pour compte du budget des colonies (1.469 millions) représentait 211 millions, il fallait y ajouter les pensions, charges de justice, traitements pour 48 millions, soit ensemble 259 millioDS par an. M. Villaverde résumait la liquidation en trois chiflres : découvert du Trésor (1.445 millions, moins l'indemnité de 20 millions de dollars payée par les Etats-Unis, soit 119 millions de pesetas), 1.326 millions, nouvelle dette 1.469 millions, total 2.795 millions, qui exigeaient une somme de 252 millions.

Cet accroissement de la detle représentait près de 50 0/0 de la dette publique existante, dont le total était évalué à 5.800 millions. L'Espagne avait en outre un déficit chronique de 80 millions, dont l'accumulation avait créé une dette

885 millions. Malheureusement les dépenses annulées sont revenues sur l'eau au moyen de crédits supplémentaires et ont atteint à la lin de l'exercice le chiffre de 045 millions de pesetas, soit 43 millions de plus. Les recettes ont augmenté aussi dans de fortes proportions, puisque les rôles s'élèvent à 066,9 millions desquels il y a à encaisser pendant les délais de règlement de l'exercice, 61 millions.

La Gaceta de Madrid du 8 mars a publié la liquidation provisoire des recettes et dépenses du Trésor pour l'exercice pre-

flottante de 606 millions au 30 juin 1899. Le problème à résoudre était de trouver 30O millions de ressources annuelles pour liquider, payer les intérêts de la dette nouvelle et solder les déficits Habituels. Les recettes ordinaires ne dépassaient pas 750 millions. M. Villaverde pourvut aux difficultés résultant de la reconnaissance des dettes coloniales et de la liquidation de la guerre, en réorganisant la dette (sacrifice imposé aux créanciers) et par de nouveaux impôts. La réorganisation de ladette donna un allégement de 176,7 millions, on obtenait en effet par la suppressiorr de V amortissement en indemnisant les porteurs par un accroissement de rentes, 84,4 millions, par V assimilation des dettes coloniales aux dettes espagnoles, en supprimant Texcès de l'intérêt colonial, 12,6 millions, par Vapplication à la dette de l'Etat de IHmpôl de 20 0/0 sur le revenu, 54,2 millions, par la reÉ/^^c^^o^^ de V intérêt perçu par la Banque d'Espagne sur les effets du Trésor, de 5 à 2 1/2 0/0, 25,5 millions. La loi de conversion des Rentes amortissables nationales et coloniales en rente 40/0 intérieure fut publiée le 27 mars 1899, le décret royal sur la consolidation de la dette flottante du Trésor le 19 mai 19C0. La rente 5 0/0 émise au prix de 83 et amortissable en 50 ans, n'est qu'un 4 0/0 à cause de l'impôt de 20 0/0; au prix de 83, du 4 0/0 rend 4.83. L'opération de crédit consolida la dette flottante et permit de rembourser 147,8 millions d'obligations du Trésor à la Banque d'Espagne. Le 4 juin 19^0, la souscription à l'emprunt de consolidation et de conversion atteignit 4.667 millions, soit près de 25 fois la somme demandée, avec un versement de 466 millions en espèces dans les caisses de la Banque, 5,6 millions seulement ne furent pas présentés à la conversion. Sur 53.143 souscriptions il y en eut 14.170 de 500 pesetas^ 12.500 de 500 à 13.000 pesetas, 3.753 de 13.000 à 25.000 pesetas. M. Villaverde arracha aux divers ministères et aux Cortès 30 millions d'économie, réduits à 22 millions et qui furent dévorés jusqu'à concurrence de moitié par des crédits supplémentaires et extraordinaires. Dans le volume de 1899, il a été exposé les projets fiscaux de M. Villaverde (pages 625 et suivantes) dont les C iftes adoptèrent la plus grande partie (impôt sur le revenu, sur les mines, sur les titres nobiliaires, sur la transmission des biens, révision des droits de douane, création de droits d'exportation sur les minerais de fer et de cuivre, impôt des transports, réforme de la loi du timbre, des tarifs de tabacs, des allumettew, etc.). On a pu dire que c'était la consolidation des impôts de guerre et leur incorporation dans les recettes ordinaires.

nant fin au 31 décembre 1900. Voici comment se résume cette situation en millions :

Page 1