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Plusieurs charbonnages importants manquent à ce tableau. Je n'ai pu me procurer, pour eux, tous les renseignements voulus. Pour Marihaye le capital est de 8 millions de francs, l'extraction de près de 500.000 tonnes; Rieu-du-Cœur a un capital de 3.389.263 francs et nue extraction de 3 JO. 000 tonnes; le Nord de Charleroi capital 3.G00.000 francs, production 350.000 tonnes; Strépy-Bracquegnies donne plus de 400.000 tonnes de charbons par an.
C'est au mois de mars 1900 que les valeurs houillères ont obtenu les prix les plus élevés :
Désignation des valeurs
Aiseau-Presles
Amercœur
Anderlues
Bois d'Avroy . .
Charbonnages Belges. ..
Courcelles-Nord
Fontaine-l'Evêque
Gouffre
Grande Machine à Feu.. .
Hornu VVasmes
Houillères Unies
Ressaies
La Haye
Levant du Flénu
Mariemont
Monceau-t'ontaine
Poirier
Produits au Flénu
Sacré-Madame
Trieu-Kaisin
k'aleurs nominales
Cours fin
Cours de mars
Cours fin
divid.
i.roo
Pour les valeurs métallurgiques les fluctuations ont été plus sensibles encore.
La Belgique a produit, en 1899, 122.843 tonnes de zinc brut d'une valeur de 74.628.856 francs et 34.289 tonnes de zinc laminé d'une valeur de 23.084.750 francs. Elle vient après l'Angleterre, comme principal producteur de ces produits.
Nos six usines à zinc consomment en moyenne 650.000 à 700.000 tonnes de charbons par an.
Le prix du zinc, qui était en 1898 de 50 francs les 100 kilos,
fin 1897
fin 1898
fbi 1899
fin 1900
a passé en 1899 à 62 francs et, après de nombreuses variations, est descendu à 47 fr. 50.
Voici les cours des valeurs de nos sociétés :
Asturienne des mines
Austro-Belge
Nebida
Nouvelle-Montagne
Prayon (capital)
Vieille-Montagne 618 730 767 597
Les cours les plus élevés ont été atteints en mai et juin 1899 quand l' Asturienne des mines a été à 6.900 francs, FAustrobelge à 585 francs, la Nebida à 2.665, la Nouvelle-Montagne (1/5 action) 840, la Vieille-Montagne (1/10 action) à 880 francs, Prayon n'atteignait alors que 800 francs, mais elle était arrivée à 885 francs en février 1900. Les cours les plus élevés des autres actions, en 1900, ont été pour TAsturienne des mines 6.675 (en mai), pour l'Austro-Belge 510 (en février), pour la Nebida 1.880 francs (en février), pour la Nouvelle-Montagne 835 francs (en mars), pour la Vieille-Montagne 840 francs (en avril) .
La production sidérurgique de 1900 est en déficit sur celle de Tannée précédente.
Voici les chiffres comparés :
Fonte de moulage Tonnes
— d'affinage —
— pour acier —
Production totale des fontes.. —
Tôles Tonnes
Fers divers —
Ensemble — 445.899 475.198 362.252
Aciers :
Produits fondus Tonnes 454.619 731.249 654.827
— forgés — 367.947 633.950 564.056
19ÛÛ
Voici les prix des produits sidérurgiques au :
1"" janvier
Fonte de moulage Luxembourg (n" 3). Fr.. 75
— puddlage — 55
— — Charleroi 60
— Thomas 80
Fers n" 2 franco gares belges 135
Fers n" 2 franco bord Anvers 140
no 3 — — 145
Poutrelles 2 (fer ou acier) usines 135
— franco bord Anvers net.. , 130
Cornières franco gares belges 145
Tôles en fer n° 2 exportation 155
— nos — 162.50
— homogène 170
— no 2 franco gares belges 157.50
no 3 — — 167.50
— homogène — 175
— d'acier — — 165
— Unes — — 175
— d'acier (exportât.) 165
Rails — ( ~ ) 130
Les valeurs sidérurgiques ont été fortement atteintes ; beaucoup ont perdu plus de 50 0/0 en 1900 ; il en a été de même et parfois dans de plus fortes proportions pour les titres des ateliers de construction qui n'ont cependant pas manqué de travail.
Nos entreprises métallurgiques ont été trop engagées en Russie où, grâce aux tarifs protectionnistes, on a créé trop vite une industrie qui ne peut prospérer qu'en recevant des commandes de l'État. Le jour oi^i le ministère a cessé d'emprunter pour multiplier les travaux publics, il a réduit les ordres et la crise s'est déclarée.
Le succès de Cockerill, avec la Dniéprovienne, a favorisé le mouvement d'expansion belge en Russie. On peut évaluer à 6 ou 700 millions de francs le capital des entreprises créées par nos compatriotes dans l'empire moscovite. Les lanceurs d'affaires multipliaient les réclames ; on poussait les fonds
1" janvier
!•' janvier.
industriels russes, on surmenait la bourse à Bruxelles et à Saint-Pétersbourg. Le ministre des Finances du tzar crut devoir avertir le public, le prémunir contre les excès de la spéculation. Malgré cela, l agiotage continua; on était emballé. Au mois d'août 1899, deux financiers suspendirent leurs payements, Tun à Saint-Pétersbourg, Fautre à Moscou. Ce fut le signal de la débâcle. Les affaires soumises aux banques belges ne trouvèrent plus de placement. On comprit alors qu'on s'était laissé trop exclusivement dominé par des entreprises très aléatoires, plus ou moins séduisantes.
Les appels de fonds des sociétés coloniales compliquèrent la situation. Les bourses de Bruxelles et d'Anvers entrèrent dans une phase très critique, les dispositions devinrent de plus en plus mauvaises. Le marché s'anémiait, la vie pour les grandes opérations se retirait.
Au mois de mars on essaya de galvaniser le marché. Nos coloniaux voulaient diriger l'esprit de la spéculation vers l'Extrême-Orient. N'avions-nous pas là-bas, en Chine le chemin de fer Pékin-Hankow et les perspectives de grandes affaires? Les industriels poussés par le Roi n'avaient-ils pas envoyé en Chine M. Jules Duckow, un de nos agents officiels les plus intelligents ? Sans attendre le résultat de sa mission qui arriva plus tard comme une douche, on constitua à Bruxelles, le 28 mars 190), la Compagnie internationale d'Orient. Les participants étrangers figurant à l'acte sont : pour la France : la Banque de Paris, le Comptoir National d'Escompte, la Banque Ottomane, la Banque Parisienne, la Société générale, MM. Hottingiier et Cie, A. J. Stern et Cie, Mallet frères et Cie, Demachy-Seillière, E. Gouin, Dutilleul, Bamberger, de Germiny, E. Noetslin, etc. ; pour l'Allemagne, le groupe de banques et de firmes représenté par la Disconto- Gesellschaft et la Deutsche-Bank ; pour F Au triche-Hongrie, le Wiener-Bankverein et la Banque commerciale hongroise ; pour la Russie, MM. Rothstein et Roch, de la Banque Internationale de commerce, à Saint-Pétersbourg ; pour la Suisse, le Crédit suisse, le Bankverein, l'Union financière ; pour la Hollande, l'Amsterdamschebank ; pour l'Italie, le Crédit italien, la Banque commerciale italienne, la maison Manzi et Cie, de Rome.
Les souscripteurs belges sont : la Société Générale, la Banque d*outre-mer, la Banque de Bruxelles, la Banque Internationale, etc., etc , au demeurant, toute une longue liste de
400 comparants à l'acte, comprenant les banques, maisons de banque du pays, un grand nombre d'industriels et de particuliers qui se sont associés au programme de lentreprise.
La Société est présidée par M. A. Beernaert, avec, comme vice-présidents, MM. Houzeau de Lehaye, Nyssens et Tbys ; ces deux derniers remplissant les fonctions d'administrateurs délégués. Le comité permanent de direction est complété par MM. Fubrmann, Hovine, Walford et de Laveleye.
La Compagnie internationale d'Orient espère obtenir des concessions dans TExtrême-Orient. Peu de temps après sa constitution arrivaient les mauvaises nouvelles de Pékin, le soulèvement des Boxers, le siège des Légations ; puis vint l'envoi des troupes pour faire respecter les droits de 1 Europe. En Belgique quelques exaltés voulaient organiser une légion pour participer à la lutte et montrer le drapeau militaire belge dans l'Extrême-Orient. Heureusement que ce projet est mort né. Qu'auraient fait les soldats engagés ainsi ? Ils ne constituaient pas un corps national sous la dépendance de l'autorité belge. Notre gouvernement n'aurait rien eu à leur dire. Ce n'était pas davantage une légion au service des alliés. Ce ne pouvait être qu'une troupe de mercenaires au service d'une entreprise particulière n'ayant même pas le droit de déployer notre drapeau puisque la nation ne lui avait confié aucune mission.
La Belgique, pays neutre, ne peut avoir à l'étranger que des intérêts économiques. Elle n'intervient pas dans les luttes de prépondérance politique ni dans les guerres. Elle a le privilège de pouvoir consacrer toute son activité à des travaux productifs. C'est ce qui fait sa grandeur matérielle, sa force industrielle et commerciale ; c'est ce qui l'a placée parmi les Etats les plus puissants.
Partout, dans les pays lointains, ses représentants officiels indiquent cette situation pour recommander son industrie, pour conseiller de donner des ordres, des concessions aux petites nations neutres, pacifiques, plutôt qu'aux grandes puissances armées pour la guerre.
Cette considération a valu à la Belgique les commandes pour l'installation des usines sidérurgiques de Hanyang, près de Hankow, plus tard la concession du cliemin de fer Pékin- Hankow, ligne pour la construction de laquelle le gouvernement chinois créa l'emprunta 5 0/0 or de 1898, de 112 1/2 millions de francs.
Plusieurs compag-niesontclc créées depuis, en Belgique, pour ol)leiiir (ies concessions et des contrats en Chine. Leur situation actuelle est loin d'être prospère.
L'année 1900 a été une année d'allégements de positions et f f
de liquidations d'opérations mal engagées. La spéculation a |
perdu de fortes sommes môme sur les valeurs congolaises !
dont plusieurs maintiennent cependant une plus-value ;
sérieuse.
Voici les cours des principales valeurs coloniales en janvier et mai 1900 et au l^'' janvier 1901 :
.= 1" janr. Mai l'^'janv.
Fondation ^d Dénomination des Sociétés Capital Titres Nominal 1900 1900 i901
FONDS d'États et obligations
CoDgo (Etat Indép.), 4 p. c. 1.500.000 divisible 97.50 96 - i
— — (lots à primes). 1.500.000 100 81.50 81.25 77.251
Gh.de fer Congo (obi. 4 l/2j. 50.000 500 525— 528— 528.50 [