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Les valeurs coloniales françaises, presque toutes créées en 1899 avec des capitaux belges et ayant surtout pour but Texploitation des concessions au Congo, ont aussi reculé dans de fortes proportions. Le Comptoir colonial français au capital de 9 millions de francs a été coté un moment 620 francs ; au V^ janvier 1901, il était à 200 francs; depuis lors il a encore baissé fortement; c'est la liquidation. Les actions de 500 francs de ralimaïenne étaient tombées à 350 francs ; elles ont bien repris depuis le V" janvier.
Le commerce général de l'Etat indépendant du Congo — exportations et importations réunies — a atteint, en 1899, le chiffre de 66.240.864 fr. 85 dont 39.138.283 fr. 67 pour les exportations et 27.102.581 fr. 18 pour les importations.
Ce total dépasse de 15.659.019 fr. 79, soit près de 31 0/0, celui de l'année 1898.
Dans cette somme globale de 66.240.864 fr. 85 le commerce spécial de l'Etat, qui comprend uniquement, à la sortie, les produits originaires de son territoire, et, à l'entrée, les marchandises étrangères consommées dans le pays, figure pour une valeur de 58.393.805 fr. 96 se décomposant comme suit :
Exportations 36.067.959 fr. 25
Importations 22.325.846 fr. 71
Le chiffre des exportations du Congo s'est accru de près de 630/0 comparé à celui de l'année 1898. Cet accroissement est dû, en grande partie, à l'extension qu'a continué à prendre le commerce du caoutchouc.
De 2.113.465 kilogrammes en 189S, les exportations se sont élevées à 3.746.789 kilogrammes, en 1899, ce qui représente une augmentation de plus de 77 0/0. Le rapport de l'Etat dit qu'il est à prévoir qu'une augmentation annuelle aussi notable, en ce qui concerne le caoutchouc, ne se maintiendra pas, pour différentes causes.
D'après le relevé de la douane belge, les expéditions au Congo, en 1899, se sont élevées à 9.242.000 francs ; en y ajoutant le transit, le chiffre total est de 12.555.000 francs pour les exportations générales de la Belgique pour l'État indépendant et celui-ci renseigne à l'importation venant de la Belgique une valeur de 22 millions de francs !
C'est en 1901 que se présente la question de la reprise du Congo par la Belgique. La convention du 3 juillet 1890 a expiré le 3 juillet 1900. L'article 2 dit que six mois après la période décennale, l'Etat belge pourra, s'il le juge bon, s'annexer l'Etat indépendant du Congo avec tous les biens, droits et avantages attachés à la souveraineté.
Nos coloniaux qui, en 1895, voulaient devancer la date de Toption et faire voter alors, par le Parlement, la reprise, ont changé d'opinion.
Ils reconnaissent que si l'Etat du Congo a fait des progrès, c'est précisément parce qu'il est resté indépendant et qu'il n'a pas été dominé par la politique belge, par les préoccupations
électorales du Gouvernement el du Parlement. Déjà Fintervention de l'Etat belge, la nécessité d'obtenir des votes l'avo^ râbles des Gliambres a imposé à l'administration du Congo des employés qui n'avaient d'autres titres (fue la recommandation de députés qu'on voulait se rendre utiles. Que serait-ce le jour où un ministre des Colonies, installé à Bruxelles, devrait diriger les alfairos de cette région africaine ?
Aujourd'liui le Congo est indépendant. Le Roi souverain gouverne et brise les fers qui entravent la production et les échanges. On habitue le nègre au travail, on doit le traiter comme on traite les enfants. Cela peut se faire sans cruauté. Des punitions exagérées n'améliorent pas les individus.
Pour une œuvre de colonisation, il faut beaucoup de patience. On ne l'a pas toujours eue en Afrique. Beaucoup de fautes y ont été commises, mais presque toutes par suite des préoccupations économiques concernant la colonisation officielle ; on voulait obtenir promptement un résultat financier convenable, afm de faciliter la reprise.
Les idées ont changé, mais les charges restent ainsi que les compagnies constituées pour l'exploitation d'immenses concessions qui assurent à ces sociétés le monopole du commerce dans de vastes régions. Ces privilèges sont contraires à l'esprit de l'acte de Berlin.
Si la Belgique devait reprendre le Congo, elle s'exposerait à bien des difficultés, et la Colonie, qui lui coûterait très cher, serait entravée dans son expansion par le fonctionnarisme et par une réglementation abusive se perdant dans des détails infinis; on ne tiendrait pas compte des besoins d'un peuple primitif, on oublierait que la civilisation là-bas doit évoluer et qu'il ne faut pas révolutionner les mœurs et coutumes de la population indigène.
Le souverain, d'accord avec le ministère belge, demande le statu quo^ sans les charges résultant des conventions de 1890 et de 1895. Les droits reconnus à la Belgique resteront entiers, mais l'Administration du Congo aura plus de liberté pour la gestion financière.
Les sociétés anversoises sont d'accord avec le roi ; elles ont été constituées pour l'exploitation de vastes concessions et craignent que la colonisation officielle belge n'entrave sérieusement la récolte du caoutchouc qui est pour ainsi dire la seule source de leurs profits.
Les agents de quelques-unes de ces Compagnies ont eu
parfois une conduite dont la délicatesse, la loyauté est très contestable ; ils ont pressuré, maltraité sans scrupule, les travailleurs nègres. Quelques-uns de ces employés ont été punis sévèrement; mais le travail forcé n'en reste pas moins la base de l'exploitation de ces territoires. L'annexion à la Belgique pourrait faire cesser cet état des choses; ce serait la ruine de ces sociétés.
Les Compagnies bruxelloises créées au début de l'œuvre africaine, pour l'exploitation du domaine de l'État, ne pardonnent pas au souverain la fermeture de ces territoires à leur activité. Elles n'eurent pas assez de clairvoyance au moment voulu. Les ressources manquaient pour l'administration du pays ; l'État voulait une entente pour assurer les progrès de la colonisation ; les Sociétés s'y refusèrent. Le roi leur ferma le domaine et l'exploita au profit de son œuvre. Ce fut alors que le colonel North, recommandé au roi par M. Ed. Sève, consul général de Belgique en Angleterre, fonda VAbir^ la première des sociétés anversoises.
Le groupe bruxellois veut la reprise du Congo par la Belgique ; il reconnaît cependant que la colonie ne pourra prospérer que si elle reste soustraite à 1 influence du Parlement. Il y a là une contradiction qui trouble l'esprit, un exemple de ces idées flottantes, indécises, qui gâteraient tout si l'annexion était décrétée.
Le double courant qui s'est produit a eu par conséquence des offres de vente de valeurs congolaises et une véritable dégringolade des prix ; le recul a été accentué par le rappel des conditions fixées, il y a quelques années, pour la reprise éventuelle du chemin de fer Matadi-Leopoldville, par la Belgique. La spéculation n'avait pas tenu compte de ces conditions, pas plus que des clauses de l'acte général de Berlin au sujet des tarifs.
La rente helge 3 0/0 qui était, il y a quelques années, audessus du pair, n'est plus qu'à 95 0/0. Pendant deux ou trois ans, il est vrai, on a négligé chez nous, les fonds d'Etat et les valeurs à revenu fixe; cependant, depuis plusieurs mois déjà, le public effrayé par la baisse désastreuse des titres des entreprises industrielles et coloniales est revenu aux rentes des Etats et malgré cela le 3 0/0 belge reste relativement bas. C'est que depuis quelques années, le socialisme d'Etat nous a coûté l)eaucoup d'argent et la dette de la nation augmente tous les ans.
Voici les chiffres comparatifs de la dette directe consolidée de l'Etat belge, en 1899 et en 1900.
Nature des dettes 1899 1900
3 0/0 l'« série 348 . 121 . 100 356 . 661 500
3 0/0 serv. mill. 1873. 1.326.537 1.326.537
Totaux 2.607 081.651 2.650.898 151
Il y a en outre les dettes indirectes, savoir : les emprunts du crédit communal, ceux de la Société nationale des chemins de fer vicinaux et les obligations de la Caisse d'annuités dues par l'Etat.
Outre le 3 0/0 de 1861 et celui de 1868, le Crédit communal avait en circulation à la fm de chacune des deux dernières années les obligations suivantes :
Emprunts à 4 1/2 0/0 59.271.800 58.596.100
— à 3 0/0 s/sprim. 80.746.100 115.288.300
Le 4 0/0 du Crédit communal a été converti au commencement de l'année en 3 0/0 sans primes. C'est cette circonstance qui, avec les nouvelles émissions, a porté à 115.228.300 francs le montant des obligations 3 0/0 sans primes.
La Société de chemins de fer vicinaux, qui avait déjà une dette de 68 millions de francs, représentée par des obligations 3 0/0 dont l'intérêt est payable en janvier et en juillet, a créé récemment pour 50 millions de nouvelles obligations 3 0/0, jouissance mai-novembre.
Il y a de plus 24:^.943 obligations 2 1/2 à primes.
Voici enfin un état des emprunts de la caisse d'annuités à la fin de 1900 et de 1901 :
Annuités 3 0/0 série A 174.670.700 174.285.100
— 3 0/0 — B 12.631.700 12.529'aK)
Le montant des rôles rendus exécutoires s'élevait, pour 1900, à 54.197.729 fr. 28 contre 53.016.675 fr. 66; les recouvrements effectués s'élèvent respectivement à 51.919.492 fr. 11 et 50.804.594 fr. 25. Les douanes et accises ont produit 111 millions 900.627 fr. 96 en 1900, contre 105.185.803 fr. 60 en 1899. L'enregistrement a produit 64.320.320 fr. 88 en 1900, contre 60.365.989 fr. 92 en 1899.Les péages ont donné 232.609.468 fr. 28, contre 222.593.208 fr. 44. Les capitaux et revenus ont produit 21.424.917 fr. 92 en 1900, contre 15.557.496 fr. 67 en 1899. Enfin les remboursements opérés se montent à 5.048.273 fr. 89 pour 1900, contre 4.488.594 fr. 68 pour 1899. Le total des impôts indirects est de 435.303.608 fr. 94 en 1900, contre 408.191.095 fr. 32 en 1899.
Les recettes effectuées au fonds communal ont atteint 38.238.?83 fr. 78 en 1900, contre 37.968.363 fr. 35 en 1899; celles effectuées au fonds spécial, 6.617.244 fr. contre 6.524.334 francs.
Tous les chapitres sont en augmentation sur le chiffre correspondant de l'année précédente. Il n'y a d'exception que pour le timbre qui a produit, en 1900, 1.420.844 francs de moins qu'en 1899. Ce déchet est la conséquence du fait qu'en 1900 moins de sociétés anonymes ont vu le jour.
Par la loi du 26 mars 19001a Banque nationale de Belgique a reçu une nouvelle prorogation et le 5 mai suivant les actionnaires ont voté les statuts modifiés et mis d'accord avec la nouvelle situation officielle.
Le capital n'a pas été augmenté, il est formé par 50.000 actions représentant, au cours actuel de 3.200 francs, la somme de 160 millions de francs. Le bénéfice net a été en 1900 de 10.458.703 fr. 44; la part attribuée aux actionnaires a été fixée à 141 francs, en y ajoutant la part d'accroissement de la réserve 16 fr.92, le produit total de l'action est de 157 fr. 92.
Le compte de réserve était à la fin de 1899 de 27. 920. 960 fr. 04 dont on a prélevé 1.487.258 fr. 14 pour assurer à l'Etat, à partir du l®"" janvier 1899, les avantages stipulés à son profit par la loi du 26 mars 1900. Le fonds de réserve était ainsi ramené à 26.433.701 fr. 90. On y a ajouté 846.092 fr.41 des bénéfices de 1900 et 350.000 fr., restitutions faites conformément à la loi du 26 mars, ce qui porte de nouveau le fonds de réserve à 27.629.794 fr. 31.
Francs
Le Trésor a perçu en 1900 le quart du béuéfice excédant Tin-
térôt de 4 0/0 sur le capital de la Banque 2.114.675,86
L'abonnement au timbre des billets 288.241,77
L'intervention de la Banque dans les frais de la Trésorerie en
province 230.000 »
La patente 164.884,80
Le 4 0/0 sur la circulation moyenne des billets excédant
275 millions 1 .463.938,99
Le produit de l'escompte excédant 3 1/2 0/0 2.254 663,72
6.516 405,14 Si Tony ajoute le produit du portefeuille du Trésor 1.214.030,00
On obtient le total pour l'Etat de..... 7.730.435,14
Le taux de Tescompte était de 5 0/0 au l^"" janvier 1900, il a été porté à 4 1/2 0/0 le 26 janvier et à 4 0/0 le 8 février. La moyenne des taux d'escompte, eu égard à leur durée respective d'application, a été de 4,09 0/0 en 1900; elle avait été de 3,92 0/0 en 1899.
Francs
Le montant des effets sur la Belgique, escomptés en 1900, a
été de 2. 749 . 708 .627,18
En 1899 il avait été de 2.595 213. 125,09
Bruxelles a escompté 1.576.821 effets pour 1.141.416.357,68
La succursale (Anvers) 240.824 — — 442.607.931,27
Les comptoirs 1.958.478 -^ — 1.165.684.338,23
L'échéance moyenne des effets escomptés est de trente-huit jours environ.
Les effets sur la Belgique se divisent en :
Francs