AU COLONEL COMTE POTOCKI
Je m’empresse, Monsieur le colonel, de vous témoigner ma satisfaction, pour le zèle et l’activité que vous
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avez rais à exécuter les diverses demandes que je vous ai adressées et notamment pour des levées d’avoine, de bestiaux et de légumes secs.
C’est en servant ainsi (ju’un officier particulier témoigne le zèle (jui l'anime pour le bien du service de son souverain.
Je n’oublierai pas, et je saisirai l’occasion de faire connaître que si les chevaux de l’artillerie du corps sont en état de faire un service actif, c’est à vos bons soins et à votre zèle ([u’on doit cet avantage.
Je vous invite à rassembler, en prenant s’il le faut sur votre réserve, (500 rations d’avoine ({ue vous ferez passer de suite à la I''® division et autant à la 3®, et, en cas de nécessité, vous feriez remplacer cette ([iiantité par l’avoine (jue vous avez envoyé chercher .à Wraktowieck.
J’ai l’honneur de vous saluer.
üstproile le 13 mai 1807.
Continuez vos(mvois de légumes secs, ils nous rendent les plus grands services.
A -M. LE c'® FÉLIX POTOCKI, COLONEL DU 4* RÉGIMENT d’infanterie polonaise.
Son Exc. M. le maréchal alu, Monsieur lecolonel, avec leplusgrand intérêt votreleltre. Ce que vous lui mandez sur la quantité de gens sans aveu, déserteurs russes et prussiens, qui se trouvent dans le pays où vous êtes et menacent de troubler la tran(]uillité, a particulièrement fixé l’attention de Son Exc. ainsi que la disposition où
paraissent être quelques paysans de troubler le bon ordre, en donnant une fausse interprétation à l’article de notre constitution qui abolit le servaj^e.
M. le maréchal pense que cette mesure sera aussi avantageuse aux seigneurs qu’aux paysans, parce que ces derniers ayant uu grand intérêt à travailler, puisqu’ils en retireront plus de bénéfice, les seigneurs en auront de plus grands revenus ; d’ailleurs l’expérience des autres nations rend superflus les raisonnemenfs, car là les faits parlent.
Ici la terre est aussi féconde que dans beaucoup d’autres pays, et cependant il est notoire que la différence entre les produits est d’un à dix. Mais les raisonnements seraient encore inutiles dans un pays où cette mesure a été appelée par le vœu général et n’a eu contre elle que des individus qui ont toujours passé pour les ennemis de leur patrie. La seule crainte des esprits sages était dans le mode d’exéention : or, autant il a été difficile de l’établir dans les temps orageux où la loi avait été portée, autant cela sera facile et sans inconvénient dans les circonstances actuelles , puisque les lois qui seront faites pour y parvenir le seront par les seigneurs les plus intéressés eux-mêmes à adopter les meilleures mesures.
En attendant que les autorités établies par la constitution soient organisées, l'intention de M. le maréchal est de prendre des mesuresprovisoires pour assurer la tranquillité dans un pays où il a cru ne devoir mettre que peu de troupes à raison des surcharges que le pays avait éprouvées par la présence d’armées nombreuses : il vous invite en conséquence. Monsieur le colonel, à organiser les propriétaires en garde nationale, dans tout le pays appartenant au duché de Varsovie, entre
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loi
la rive droite du Hug, le pays appartenant aux Russes jusqu’à Zohansburg et la IVontière de l’Ost Preussen, et eu descendant rOmuIel' par sa rive gauche juscpi’à son embouchure dans la Narew, les trou])es françaises ou alliées qui s’y trouvent étant suffisantes pour maintenir l’ordre.
Les gardes nationales ([ue vous aurez organisées n’auront d’autre service à faire <pie d’arrêter, sur les ré(piisitions des autorités locales, les déserteurs russes et prussiens et les gens sans aveu qui parcourent le pays, et de réprimer les désordres attentatoires aux personnes et aux propriétés.
Dans tout le pays Augustowo et Jobansburg, les gens sans aveu et déserteurs seront conduits à Augustowo et le Bug, on les réunira à Ostrolunska ; ces hommes seront gardés et nourris juscju’à ce tpi’il s’en trouve un détachement de vingt ; alors ils seront conduits, sous escorte, devant le commandant de place de Varsovie.
Vous demandez par votre lettre, Monsieur le colonel, les lois sur l’établissement des gardes nationaux de France; n’en ayant point ici, je vaisvous donner (pielques idées sur cette organisation ; elles vous seront suffisantes pour faire un travail provisoire * :
1° Inscrire tous les propriétaires en état de porter les armes par arrondissement déterminé par les autorités civiles, et depuis Page de 21 ans jusqu’à celui de 00.
2“ Par 120 hommes former une compagnie sur le
1 On nous pardonnera demeure l'idée que le maréchal, qui portail dans ses bagages codes el caries en grand nombre, trouvait ainsi le moyen d'indiquer un règlement meilleur que le règlement ayant cours.
LE MAllÉClIAL DAVOUT
même pied (pie les troupes de ligne. Désigner provisoirement les ofliciers et sons-officiers parmi les hommes le plus en état de commander.
.3“. Sur 120 hommes former une compagnie sur le même pied (]ue les troupes de ligne, désigner par 8 compagnies un chef de bataillon et par 16 un colonel.
11 n’est pas nécessaire de créer d’autre état-major, cette force n’étant destinée à se réunir que dans le cas où l’ordre public viendrait à être troublé.
11 n’y a nulle apparence que même la réunion des 8 compagnies doive jamais être nécessaire ; avec une ou deux Compagnies, on aura toujours assez de moyens pour réprimer les désordres.
Les compagnies seront numérotées, et, en cas de besoin, lorsque deux compagnies seront réunies, le capitaine qui aura le premier N" en prendra le commandement.
Les troupes de ligne ne cesseront pas pour cela d’être, pour le même objet, à la disposition des autorités constituées.
En organisant provisoirement cette garde du pays, on doit compter sur le maintien de l’ordre.
Votre gouvernement est prévenu. Monsieur le colonel, que M. le maréchal vous a choisi pour faire cette organisation afin que toutes les autorités du pays soient invitées à vous seconder.
11 a été également écrit aux commandants français et polonais pour qu’ils aient à obtempérer aux réquisitions des autorités du pays pour la répression des désordres; ces commandants feront leurs rapports sur
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les réquisitions qui leur seraient adressées par les autorités et sur leurs résultats.
.l’ai riionneur de vous saluer,
Le général chef d’état-major par intérim,
Hervô.
P. S. M. le maréchal me charge de vous recommander de mesurer vos démarches de manière à ce que cette opération, (jui n’a d’autre but ([ue le maintien de l’ordre, ne puisse pas être faussement interprétée chez les puissances voisines.
Hervô.
De 1811 à. 1815