‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 126 sur 334 · LK ROI RECONNAIT QU'ON DOIT A FABERT LA PRISE D'ARRAS · texte numérisé non relu

LK ROI RECONNAIT QU'ON DOIT A FABERT LA PRISE D'ARRAS

Clialillon dans ses retranchements, mais elle se retira dès qu'elle vit arriver les troupes d'escorte du convoi jointes à celles qui avaient été envoyées à leur rencontre, et renonça à renouveler son attaque. Trois jours plus tard (8 août), les assiégés battaient la chamade sur la brèche ouverte par le maréchal de la Meilleraye; le lendemain, se signa la capitulation suivant laquelle la garnison sortit de la place avec les honneurs de la guerre. Lorsque le roi apprit cette grande nouvelle, il dit à ceux qui l'entouraient, en leur montrant Fabert : « Sans ce brave homme-là, je ne serais pas maître d'Arras. »

La prise de Turin par le comte d'Harcourt suivit de près la chute de la capitale de l'Artois, et mit le comble aux vœux de Richelieu. La campagne lui paraissant suffisamment remplie par ces glorieux succès, le cardinal insista pour que le roi, revenu à Saint-Germain dans les premiers jours de septembre , ne s'éloignât plus de Paris, Luimême se rendit à Rueil, dès qu'il eut pourvu aux premières nécessités de l'organisation défensive d'Arras. Comme l'hiver précédent, il s'adjoignit Fabert pour la préparation de la guerre à reprendre au printemps.

Contrairement à l'opinion généralement admise qu'il n'a jamais rien fait que par lui-même, Richelieu se conformait fréquemment aux avis de Fabert sur les questions les plus importantes, particulièrement en ce qui touchait à l'organisation et aux mouvements des armées; il trouvait en lui, à la fois, un

16i FABEHT CONDUIT JEAN DE WERTII A NANCY.

conseiller éclairé et un aide actif, discret et modeste *. Au commencement de 1641, il lui donna une nouvelle preuve de sa confiance en le chargeant de conduire Jean de Werth sous escorte à Nancy, Le fameux chef de partisans, au service de l'Empire, tombé aux mains du duc de Weimar en mars 1688, à la bataille de Rhinfeld, et détenu depuis à Vincennes, était destiné à être rendu à la liberté par échange avec le général suédois Gustave Horn, prisonnier des Impériaux depuis NordHngen. Une lettre de cachet enjoignit au comte de Chavigny, secrétaire d'État et Qouverneur du château de Vincennes, de remettre Jean de Werth à la garde de Fabert, qui devait à €on tour l'amener au marquis du Rallier. En raison de l'importance du prisonnier, le capitaine aux gardes reçut du roi une instruction détaillée, indiquant les mesures de précaution à prendre pendant le voyage et les troupes appelées à composer l'escorte -. Il arriva le 26 janvier à Nancy avec Jean

1. La collaboration de Fabert à la préparation des règlements militaires et des instructions destinées aux généraux était très active.

On trouve rapportés dans le recueil Cangé (Ordonnances militaires, règne de Louis XIII) un certain nombre de règlements dont le texte a été emprunté aux « Manuscrits du maréchal de Fabert ». Quoique puisés à cette source, ils n'ont peut-être pas été tous élaborés et rédigés par Fabert, mais il serait facile de prouver qu'il a eu part à l'établissement de plusieurs d'entre eux.

2. Instruction (min.) à M. de Fabert pour la conduite de Jean de Werth, et lettres (min.) à Chavignv et du Rallier, du 13 janvier. (Arch. D. G., t. LXIII.)

L'Empereur et le duc de Bavière, connaissant le prix des services que le général Horn pouvait rendre à leurs ennemis, retardèrent l'échange des deux prisonniers, qui n'eut lieu qu'en 164:2.

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