RÉFLEXIONS QUE SUGGÈRE A FABERT LE TRAITÉ DE STENAY
quel dessein M. de Tiirenne peut avoir signé un traité que, s'il l'exécutait, il ne serait plus en aucune considération des Espagnols, ni aurait aucun crédit dans l'armée qu'ils lui bailleraient, et ne verrait plus de moyen de se raccommoder du côté de la France, ni de retraite pour lui hors du royaume que comme un fugitif. Je ne sais si en donnant la crainte h la cour parce qu'il a promis, il pense en tirer quelque avantage qu'il n'aurait pas autrement, car de penser l'effrayer du nombre d'hommes qu'il prétend tirer des ennemis ', ce serait chose mal fondée, puisque, quand il ne les aurait pas, ils n'en seraient pas moins employés contre la France-. » Nous croyons cà pi'opos d'ajouter que lorsque Fabert écrivait ces lignes, il ne savait pas encore, d'une manière positive, si la remise de Stenay était une des clauses du pacte conclu avec l'étranger \
Pendant les six semaines suivantes {"10 avril-fin mai), Fabert ne parvint pas à pénétrer les desseins de Turenne et de son allié l'archiduc Léopold. 11 observait, cependant, avec une anxieuse attention toutes leurs manœuvres ^ L'ennemi, faisant mine à chaque instant de se mettre définitivement en marche,
1. D'après les rapports faits à Fabert, FEspagne (levait fournir à Turenne 10 000 hommes avec le canon.