‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 139 sur 159 · PAU MOIS DE MONTRE · texte numérisé non relu

PAU MOIS DE MONTRE

livres.

Ueport 400 »

180 livres; commissaire, 40 livres; contrôleur, 30 livres), soit, par montre . . 25.402, ô 2 compagnies d'aicjnebusiers à cheval, de 40 hommes chacum; isolde des officicM-s comprise) 3.758 »

Total pour le ré<.;iiii('iil. . 2U.()20, 5

Régiment de (lesvres, à (> compagnies :

Etat-major 400 »

Mousquetaires du régiuu^nt 3.758 »

Les compagnies 21.825 »

Total 25.983 »

Régiment de Lignon 25.983 »

— de la Clavière 25.983 »

— de la Chapelle-Balou 25.983 .)

— d'Aubais 25.983 »

— de Moulinet 25.983 »

— de Saint-Aignau 25.983 »

Total d'une montre pour la cavalerie. 211.501, 5

D. Les carabins.

Six compagnies à 00 houimes i^ofliciei-s compris).

Toi al par juontre 11.263 »

1^. Le régiment étranger.

Total par montre 16.217,5

Récapitulation :

PAR MOMKE

livres.

Etat-iiiajoi- de r;irmée 10.877, 5

Infanterie ;i:^().703 »

(rendanneiie 7U.195

Cavalerie 211.501, 5

Carabins 11.2G3 »

llégiment étranger J 6.217, 5

Total général de la montre on mois de solde

de l'arniée du niarcjuis de 1-euquières . 000.759,5^

Appendice II

Lettre du P. Jean Estienne, Jésuite, à Mme du IJirel, au sujet de ses enfants, qui se trouvaient alors en pension au collège de La Flèche.

.Madame,

« La paix de Notre-Seigneur.

« Je suis extrêmement jnarry de ce que le J)(»n Hélo nous quitte : il eust demeuié toujours avec nous si ses maistres leussent enduré; je nay recogneu que piété, que fidélité, que loyauté en ce jeune homme ; je croy que ce sera une Jjénédiction de Dieu de le retenir- en votre maison, car cest un jjon et pieux serviteur. A |)eine ay je peu tenir aujourd'hui les larmes, luy parlant pour luy dire adieu. Pardonnes, Madame, pardonnés à vos enfants, c'est un traict de jeunesse : la jeunesse ne scait le plus souvent ce qu'elle veut. Il est vray que monsieur vostre aisné, que jayme de tout mon cœur, cest un ])eu avancé en liberté depuis quelque

1. La ••omposilioii des armées Otaiit très variable à celte époque, les totaux des montres \ariaient. par conséquent, d'une -irinée à l'autie-

.\i>pi:\r)icES 483

temps, à cause de la grande afl'eclioii (nir le l'rii- piincipal, f[ui le traicte en viay |)èr«' à caiis»' de i;iiiiilii' du pèi<' K«>|>iii, lui eut portée. Je ne [)arl(' pas de ni<>\ . ccsL un |)en alléré ; il a changé de nui-uis cl dlininciits, mais ncantnioins l'alléralion n'en sera [)as si grande (pie nous ne le remetlions. Je soray^ Ijien aise (pi il vous plais»' de |)rendr(' la peine d\'\i (^serire au l'èi'e principal sidon le coiisril de llf^lo (|ui \oiis diracccpTil failli l'aii-i'. Ils nul un scixilciir (pii csl cnlre aiijouidhiiy avec iiix, (jni esl |)ieii\. bon, bien ap|)iis, sage, qui ne leur perniellra de séinancipei- au didà de la raison par actions vitieuses : l'ouï' les gages ipie \ons allendes ([ii'il deinende de vous, il s'en ra[)|)orle du loiil à vostie lionest(!le et lib(}ralil(\ Je croy (pie si vous Tavie/, gousté en votre maison (pieluiies jours, vous raiirie/ à ceeur pour eslre (11111 naturel paisible et doué d'autres (pialites (pie mou bon Ilélo vous dira. Je ne veux cy vous raconter plusieurs circonstances que Hélo fidellement vous dira. Jean Uiides est sage; s'il pouvoit un peu plus eslndier ipi'il ne faict. Mais il aura rannee (pii vient un homme en sa classe qui le traictera rrancheirieiil et l'aclvancera à son possible. LargenI de vos eiiliiiils sera enseiires mains, n'enayes point depeur, et tant ipiils seront icy jainays rien ne leur man(juera. Vous navés qu'à adresser tout au Père principal ou bien à moy. Je vous prie de tout mon cceur de m'ex- Duser envers M. du Ilirel si je ne luy escris, car je suis 3y las au bout de la présente, à cause de (|uelqiie maigne fiebvre (|ui m'a attaqué, ([ue je me sens fout es- )louy. Cependant je ne manquerai de j)rier Notre- Seigneurd'un c(eur qui est an'ectionné à vostre maison, avec fervente prière (|u'il l)énisse toute vostre famille. Vostre plushund)le et affectionné serviteur eiiNotrebeigneur.

Jean Estienne,

de la Conii)agnie de Jésus.

A la l'It'clii", te HOdopvril 1<;17.

lAixli. du eoiiito de Guébrianl.

Appendice III

Piccolomini à Feuquières, qu'il a fait prisonnier à Thionville.

Du camp impérial, août 1639.

Ayant commencé par dire que « l'éminentissime » cardinal de Kichelieu, ne trouvant pas les ofï'res de la rançon à son goût, lui écrit que les parents et amis de Feuquières « supporteront la longueur » de sa détention avec patience, Piccolomini ajoute :

« Le peu de commodité que je vois en ce pais de vous traiter selon votre condition, et comme je souhaiterais, ma fait résoudre à vous faire accompagner à Vienne où j'en auray beaucoup plus de moien. J'ay bien voulu vous en donner part quelques jours auparavant, afin que vous puissiés donner ordre à vos affaires et de m'adviser de quelle façon votre indisposition peut permettre de vous conduire plus commodément. Ce n'est pas sans estonnement que nous voions tous le peu de sentiment que tesmoignent ceux de votre costé pour une personne qui, comme vous, outre sa conduite et son mérite, a rendu des services à la Couronne de France si signalés que nous scavons : Vous asseurant que si quelqu'un de nous étoit cheu en semblable adversité, non pas seulement Leurs Majestés impériale et , catholique le retireroient à quel prix que ce fut, veoir I il n'y a pas un soldat qui ne contribuast plustost la | chose du monde (pii luy feroit plus de besoin pour i moyenner sa liberté. C'est avec regret que je suis obligé de donner l'incommodité d'un si long voiage ;> une personne que j'estime et honore cojiime vous, mais le peu de soin que jay fait ressentir à votre nation en autant d'occurrence qu'il s'en est présenté, ne me laissant aucune autre voye, ne trouvés pas mauvais que

MMMCNDICES 4S.«i

jaye pris celte résolution, el ne croyés pas (jue rieji du monde puisse m'empesclier destre avec passion, monsieur..., etc. »

(6(Mi C.ll.orl, V. '2-ilGj.

Bêpttnsf (lu niart/tiis t/r /'^cuf/iiières à Piccolomini.

ThioiivilN-. fe.SOnousl ir.39.

« ^Tonsieur, jay receu uujourdhuy de .M. le baron de Soye, la lettre qu'il vous a pieu mescrire, en datte du 21 de ce mois ; par laquele jay apris les grandes obligations que je vous ay d'avoir voulu ajouter à vos courtoisies celle de moienner ma liberté ; en proposant à Son Eminence Monseigneur le Cardinal Duc de traiter de ma rançon, ou de m'eschanger contre quelques ofiiciers de ma condition. La responce qu'il a faite ne m'auroit pas moins estonné ((ue dites l'avoir esté, si jestois aussy honnesle homme (jue votre civilité me veut persuader, mais ne connoissant qu'avec trop de raison le peu d'utilité que Sa Majesté a receu de mes services passés et le tort que ma mauvaise fortune a porté au bien de ses afl'aires et à la diminution de l'estime de son armée sous ma conduite, je ne trouve pas à petite grâce que la satisfaction se trouve dans la longueur d'une prison de guerre sans y adjouslcr d'autres marques de sa cholère contre moy. Pour ce qui est du temps que vous me donnés de me proparer de partir pour Vienne, en la sorte la moins incommode à mes blessures, cela dépend purement de la connoissance des chirurgiens. Je souhaiterois qu'il vous pleust me faire visiter par le vôtre, afin que vous faisant un véritable rapport de Testât auquel je suis, vous puissiés reconnoistre combien jay peu de répugnance à ce voiage, puisque votre désir est ((ue je le face. Le mien sera

48(i LE MARECHAL DE GI'ERRIANT

toujours de pouvoir rencontrer les occasions de les moigner par quelques services qui vous soient agréablej' avec quelle vérité je suis, monsieur..., etc.

(ôOO Colbert, V. 2-317.)

Appendice IV

Pouvoir de lieuienani général en l'armée cTAllemagneX sous M. le duc de Longueville, pour M. le comte de\ Guébriant.

Corbie, 12 octobre 1641.

«... L'espérance que nous avons eue de temps en temps que la santé de notre très cher et très amé cousin, le duc de Longueville, lui permettrait de retourner en notre armée d'Allemagne, nous a fait toujours différer de pourvoir au commandement d'icelle en son absence, mais à présent, voyant qu'il n'est pas encore en état de partir et que cependant nos affaires requièrent absolument les soins d'un chef qui y ait le pouvoir général, en attendant que mondit cousin y puisse aller. Nous avons jugé ne le pouvoir confier à personne qui s'en acquitte plus dignement que notre très cher et bien amé le sieur comte de Guébriant, maréchal de nos camps et armées, lequel a eu, sous feu notre très cher et très amé cousin le duc de Weymar, le commandement particulier du corps français de troupes qui était dans ladite armée, et, dejjuis son décès, a soutenu les affaires de ladite armée jusqu'à l'arrivée de notre cousin le duc de Longueville, sous lequel il Nous y a rendu de grands services et après son départ de ladite armée s'est de plus en plus signalé dans les occasions très importantes et difficiles qui s'y sont présentées en Allemagne, même en plusieurs combats généraux suivis de plusieurs autres entreprises de guerre où nos armées ont toujours eu avantage sur celles de l'ennemi.

APPFNDICES 487

avant fait paraître eu toutes les circonstances, une oTande valeur, générosité, capacité, expérience au fait (le la o-uerre. prudence, vigilance et une fidélité et aHéction particulières à notre service. Hn sorte (jue, non seulement |)ar notre estime, mais par celle qu'il s'est ac(|uise dans les années de la (!our«»nne de Suède et de nos autres allies en Allemagne, comme aussi par les vœux de toute notre armée, il en mérite le commandement, savoir faisons que Xous. i)Our ces causes... établissons, par ces présentes signées de notre main, notre lieulenanl général représentant notre personne en notre dite armée d'Allemagne en absence de notre dit cousin le duc de Longueville et sous lui lorsqu'il y sera présent... »

(Aicli. lii>t. (iii.'nv, V. (u-L'lT: Ai<li. llntrou: ('Mi- pnr Le I..^^»(>ll-

relI^

Al'FE^nICE \

Hcn/'i (le Merci/ prisonnier rie Guébriant à Kempen.

Les auteurs n'étant pas d'accord sur la personnalité du Mercy qui fut pris à Kempen, il nous parait intéressant de prouvei- (|ue c'était Henri.

François, le plus illustre des frères Mercy, ne pouvait être le prisonnier en question. Nous avons, en elTet, deux lettres de lui, adressées à Guébrian't, datées des 8 et 21 juin 1643 (Bibliotli. Xat., 500 Colbert, V. 115-183, et ibicb^ni. \ . 115-191; et arch. Rotrou), dans lesquelles il parle de l'échange de son frère aîné : «< Comme mon frère, le sergent de bataille, ma toujours assuré que vous aviez de la bonne volonté pour le jiarticulier de mon frère aîné, et même que vous seriez bien aise de coopérer quelque chose pour sa liberté, laquelle nous avions toujours espéré par l'échange, ((ui sesl fait enli»» les deux Couronnes ; mais en ayant été frustrés et ne pouvant même tirer

4^8 LE MARECHAL DE r.t'ERRIANT

aucune satisfaction des ministres des Pays-Bas, comme ils avaient toujours fait prétendre à mon aine..., il a re cours à moi pour intercéder votre faveur... » Guébriant voudra bien se souvenir du frère aîné et modérer sa rançon. Fi-ançois promet de faire traiter les Français qui viendront à tomber entre les mains des Impériaux comme le seront Lamboy, Lodron et son frère.

Dans sa lettre du 21 jviin, François de Mercy insiste encore sur l'élargissement de son aîné et demande une prolongation à la liberté sur parole dont jouit celui-ci pour trouver le moyen de payer sa rançon.

Les frères plus âgés que François, alors vivants, étaient Henri Taïué de tous) et Gaspard. Entre ces deux, reste à déterminer le prisonnier de Ivempen.

Âîon frère le sergent de bataille, dit la lettre ci-dessus de François ; or Gaspard était bien sergent de bataille. Xous avons en outre une lettre de Gaspard laimême à Guébriant, du 21 juin 1643 : « J'ai reçu celle qu'il a plu à Votre Excellence me faire l'honneur de n)'écrire, et reconnu par icelle le désir qu'elle a de nous obliger tous en la liberté de notre frère, pour lequel je supplie très humblement Votre Excellence de lui vouloir continuer les bonnes volontés qu'elle a pour lui, et nous faire la grâce de nous obtenir, par son crédit, la prolongation que mon frère, le maréchal de camp, demande à Votre Excellence... etc. » (Bibl. Nat., 500 Colbert, \'. 115-187, Ebingen, 21 juin 1643).

Si nous avons ainsi la certitude que le prisonnier n'était ni François, m Gaspard., nous avons aussi, par deux pièces inédites, la preuve qu'il se nommait //e/î/'/. (Bibl. Nat., flr., V. 16931-367. Histoire de l'incomparable général Mercy ; et {la même pièce) : Bibl. Mazarine, \. 1849, Manuscrit intitulé: Histoires des principales actions de quelques grands hommes qui ont fleuri dans l'Europe en ce dernier siècle 1600, par F Abbé Mercy, frère du général Mercy. — Mercy). On voit, dans ce premier document, que Henri de Mercy était rainé des frères Mercy. Dans le second, (Bibl. Nat., ffr.Y. 16.931- 320, V". Histoire du général Lamboy et la même pièce): Bibl. Mazarine, V. 1849. Manuscrit intitulé : Histoire

(It's principale.'i actions do rpielf/ues f/rands hommes, par l'Abbé Mer-cy, j'rèrc du (jénéi-fil Merci). — Lamboij), on lit à Tendroil de Kempeu: « Le dit l.arnl)oy y fut lait piisoiiiiior, et Henri de Mercy, général de la cavalerie de cette armée, qui en ce rencontre ayant fort payé de sa personne et fait tout ce (|uil |)ùl faire, blessé d'un coup de pistolet au visag(; et sou cheval étant tué sous luy, fut fait prisonnier et l'année en déroute avec perte de tous les canons et bagages. Lauiboy et luy furent menés en France et mis au liois de \ incennes, ou ils • ut esté longtemps, et n'en sont sortis qu'après avoir pay(' toute leur i-ancon de leui- ai-geiil... »

Appendice W

Pouvoir de maréchal de France jxmr M. de (ïiiébriant.

Naiboimi», 22 mars 1<')42 (?)

«Louis, etc.. à tous ceux etc. Salut. »

« Comme il est de la prudence et grandeur des princes d'élever aux charges qui donnent la [)rincipale autorité sur les autres ceux qui, par leurs actions, ont le mieux mérité de la couronne et qui ont fait connaître par leur vertueuse conduite qu'ils sont capables de commander, aussi est-il en leur justice, et même de l'intérêt de l'Etat de récompenser dignement ceux qui par leur service se sont signalés par-dessus les autres ; c'est pourquoi, voyant que dans la présente guerre, les fréquents combats, les sièges et autres occasions nous ont fait perdre j)lusieurs hommes de commandement, Nous sommes oijligés, pour remplir ces charges éminentes, de jeter les yeux sur ceux que Nous avons déjà jugés dignes en les rétablissant dans les premiers em- |)lois de nos armées et auxquels même il est nécessaire et à propos d'augmenter la créance et l'autorité pour leur donner d'aulant plus de moyens de mettre en pra-

400 LE MARl-CHAI. DE GUICnniANT

tique les vertus qu'ils possèdent. Et d'autant qu'qnlre les {)ei'sonues que Nous pouvons considérer pour cela, notre très cher et bien-amé le sieur Jean Budes, comte de GuéJjriant, notre lieutenant général en notre armée d'Allemagne, niestre de camp d'un régiment d'infanterie de France, colonel d'un de cavalerie étrangère, gouverneur de notre ville et château d'Auxonne, est un de ceux qui méritent plus, tant par sa naissance, étant une des plus nobles et des plus anciennes maisons de Bretagne, qui pour avoir passé par la plupart des charges et degrés militaires avec beaucoup d'honneur, d'estime et approbation, et s'être particulièrement rendu digne de la nôtre, il y a longtemps, en exerçant près de Nous la charge de capitaine au régiment de nos Gardes Françaises, mais surtout en faisant preuve d'une rare valeur, d'une expérience consommée de la guerre, d'une grande capacité, prudence et courage, d'un zèle et fidélité singulière à notre service dans les glorieuses et importantes occasions qui se seraient offertes depuis plusieurs années quand il a eu près de notre cousin le duc de Weimar et ensuite sous notre cousin le duc de Longueville et puis, en son absence, le principal commandement en notre armée d'Allemagne. Et nouvellement s'étant montré accomj)li en toutes les parties et qualités qui se peuvent désirer en un grand chef dans la bataille qu'il a gagnée le 17 janvier près de Crevelles (Crevelt), où avec les forces de notre armée et celles de notre cousin le landgrave de Hesse qui}- étaient jointes, il a entièrement défait une grande armée impériale et avec elle nombre de troupes ou alliés de la maison d'Autriche, pris le général prisonnier, la ])lupart des principaux chefs des ennemis, toute leur artillerie, leur bagaoe, cent soixante-deux de leurs drapeaux et cornettes et remporté toutes les marques d'une sanglante victoire. Et même l'ayant fait voir si avantageusement qu'il a taillé en pièces tout ce qui s'était pu sauver de cette armée et a conquis d'autres places importantes le long du lîliin ; si bien que Nous estimons ne pouvoir trop dignement reconnaître un service de si grande conséquence et réputation, même

.\I'Im;m>k:ks 491

I l'égard des étrangers. Savoir faisons (|im' Nous, pour ces canses et autres bonnes considérations, .Nous avons le dit comte de (in(''briant lait, constitui', oidonnc et étajjli, faisons, constitnons, oi'd(»nnons et établissons par ces patentes signées, maréchal de France, elle dit état et office ((ue Nons nvons de nonvean créé et ang-

menté, créons et angmentons en sa faveur etc. »

(Arch. Nat. (m-117. Cilé par M. l.al).)ni««ur.)

Api'endic!-: \'I1 (jiiébrianl nn Jioi.

Au raiiip rrUrdingen, 22 juin 1<;42.

« Sire, le gi-aiid lioiiiicui' (|iril a pin à \ olre Majesté de me faiie, est seulenuint |)roportionné à sa royale bonté et grandeur; je ne Ini ai jamais rendu que de très |)etits services, mais ils sont à la vérité partis d'un cœur tout ardent à l'exécution des commaïKb^nienls de Votre Majesté. Je continuerai. Sire, tant ipie j'aurai une goutte de sang aux veines, et n'épargnerai jamais chose qui soit en moi pour avancer le service de Votre Majesté et pour me rendre digne du plus glorieux titre du monde et que j'ambitionne avec plus de respect qu'aucun autre qui soit sur la terre, c'est

Sire,

De Votre Majesté, Le très humble, très obéissant c[ 1res fidèle sei'viteur et sujet. »

(AIT. l'^tr. AlUMiiaijiio «■orreîspond. V. ir(-493).

Appendice YIII Giiébriani à de Noyers.

Au camp d'Urdingen, 22 juin 1642.

« Monsieur, j'avoue que je ne fus jamais plus empêché qu'à commencer cette lettre, car de vous dire que je suis infiniment obligé à votre bonté, il y a si longtemps que cela est, et je me suis tant de fois donné l'honneur de vous l'écrire qu'il me semble que, dans la conjoncture présente, c'est moins que rien dire; d'autre part de vouloir, par mon silence, témoigner mon ressentiment, il y aurait de la stupidité ; car pour de l'ingratitude, je crois. Monsieur, que jamais vous ne m'en soupçonnerez. 11 vaut mieux que je me serve donc d'un troisième moyen, et que, me reconnaissant plus sensiblement votre obligé qu'homme du monde, je vous demande une toute nouvelle et particulière grâce, c'est, Monsieur, de vouloir assurer Monseigneur que comme de nihil formavil me, qu'aussy toutes et quantes fois qu'il lui plaira, je m'anéantirai pour son service. Jamais ses commandements ne m'arriveront qu'ils ne me trouvent le cœur et le bras disposés à les exécuter, et je croirai toujours mon devoir où il lui plaira le faire consister. En ce peu de lignes j'exprime le fond de mon cœur qui ne respire rien de plus que la continuation de vos bonnes grâces et les occasions de pouvoir témoigner que je suis avec plus de passion et de vérité qu'homme qui soit sous le ciel, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. »

(AfT. Etr. Allemagne correspond. V. 16-491.)

Appendice IX

Instruction de Monseujncuf le Prince de Condé au duc d' Enyhien.

10 septembre 1643.

M. de Guébriant a envoyé Tracy à la (iOui- pour donner atlvjs (|ii'il avoit esté contraint de revenir sur le bord du Rhin, où il avoit faict un j)ont de batteaux, sur le(|uel il avoit faict passer sa cavallerie au deçà, ayant laissé au delà son infanterie, où il ne pouvoit la faire subsister longtemps, et seroit forcé dans quelques jours de faire passer toute son armée, sans avoir autre desseing à prendre que d'aller au Comté de Bourgongue chercher à vivre et y establir ses quartiers d'hyver, s'il n'estoit proinptement secouru de six mille hommes de pied, et de deux mil cinq cens chevaux.

Sur quoy il représentoit que, n'estant pas résolu d'obéyr à autre qu'à Monsieur le Duc, il sembloit qu'il fust à propos de luv bailler ordre de conduire son armée de ce costé là, pour la joindre à la sienne, moyennant quoy aussy, il asseuroit qu'avec les deux armées jointes ensemble on prendroit dans quarante jours, après leur jonction, les villes de Spire. W'orms et Mayence.

Cette despesche ayant esté leùe au Conseil, Monsieur le Prince prist la parolle, et remonstra que l'armée de Monsieur le Duc ayant rendu les services imporlans que Ton avoit veù pendant cette campagne, il ne se pou\oit qu'elle ne fust latiguée au dernier point, extraordinairement ad'aiblie, et en estât de demander des quartiers de rafraîchissement, plus tost que d'aller à de nouvelles conquestes en des païs déserts et ruinés.

Que les propositions (jui se font par ceux {|ui se trouvent pressés comme estoit M, de Guébriant, dévoient tousjours estre suspectes, pour les facilités qui sont

4y4 LE MARÉCHAL DE GUÉBBLVNT

alléguées de l'événement desquelles ils ne sont pas garends, et que le sens commun dictoit, oultre l'expérience du passé, que, trois a illos de cette grandeur ne se prenoient pas en quarante jours, lesquels à peyne suftiroient pour aller de l'une à l'autre en corps d'armée avec toutTattelage nécessaire, veu mesme que celle de Spire avoit duré plusieurs jours, l(>rs([u'elle fut prise, il y a quelques années.

Que les trouppes y mourroient de faim, n'y ayant oiï aucuns préparatifs faicts pour ce desseing, et , qu'à prendre les choses favorablement selon le sens mesme du dit sieur de Guébriant, quand cette conqueste ne devroit durer que quarante jours, avant que les ordres fussent portés et <|ue les armées fussent joinctes, tout cela iioit au delà du mois de novembre dans la rigueur de la saison, en un pays où l'iiyver comniance encore plus lost qu'en France. (|ui seroit une dissipation de l'armée de Monsieur le Duc, laquelle est destinée pour couvrir Paris et qui est de très grande considération pour la frontière de Picardie.

Qu'au reste il ne pouvoit assés s'étonner ((ue le dit sieur de (iuébriant proposasl, pour satisfaire à ses ])iétentions de n'avoir point de supérieur, que Monsieur le Duc fut envoyé de ce costé là, n'ayant pas raison de refuser d'obéyr à un plus ancien maréchal de France, ou général d'autre qualité que luy, sans qu'il soit besoing de luy envoyer un prince du sang.

Ces raisons furent approuvées, et néantmoings il fut résolu que Ton envoyerait à Monsieur le Duc, par Tracy , la proposition de M, de Guébriant, laissant à sa liberté de l'exécuter luy mesme, ou, ne le jugeant possible et ne le voulant pas entreprendre, qu'il seroit prié de faire semblant d'y vouloir aller, et ne faire pourtant que conduire les trouppes que l'on y vouldra envover pendant quelques journées, puis les remettre à M. de Ransau pour les mener à ]M. de Guébriant, et s'en revenir avec escorte suffisante qu'il aura menée pour rejoindre le reste de son armée. Il a esté aussy résolu, ({u'en cas ((ue le dit sieur de Ransau joigne M. de Guébriant, il commandera l'armée en ([ualité de lieutenant général.

ai'Pi:n'I)Ice.s 495

Voilà ce ([u'a produit le voyapfo de Tiac-y, et les ordres qu'il doil jxnter à NI. le Duc, desquels ou a creu luy devoir donner advis par advance, alliu qu'il ne s'en trouve pas surpris, et ([u'il ayt loisir de penser à ce qu'il doit l'aire là dessus. Sur (|Uoy Monsieur le Prince a voulu aussv luv faire savoir ses senlinicnls et ceux de Madame la Princesse et de .\I. de Longueville, qui sont :

(^u'il ne doit en façon du monde se laisser leurrer par ces prétendues con(|uestes (jui apparemment sont impossibles oii très difliciles dans une lin de cani[)agne, et en un pais luiné, et (|uand frlà seroil, de nulle utilité pour le service du lloy.car le plus loil à la caiiipagne reprendra ces trois villes juissy racilciiicnl (|ue Monsieur le Duc 1(^ |)oiiioil t'jîirc ;i présent, comme il a esté desjà faicl cin(| ou six fois de part ou d'autre pendant ces guerres.

(^)ue uiesme il v a lieu de doubler s'il doit faire autre chose (pie de donnei- des lroup[)es à M. de lîaiisau et puis le laisser aller sans s'embarrasser aucunement à la conduicle: néantinoings. puiscpn^ on lesmoigne de le désiiei-, il peu composer ce corps d'infanterie et de cavallerie que Ion demande, et le conduire deux on trois journées pour le |)lus loing, pnis le laiss(U' aller soubs M. de lîausau, et s'en revenir tout court, avec une escorte suffisante pour sa seureté, joindre le reste de son armée, et ensuitte sans retardement venir icy, où sa présence est très nécessaiie pour ses intérêts, et sera doresnavant inutile à l'armée, surtout après qu'elle aura esté si notablement diminuée pai- cette se[)aration. laissant la chaige de toutes choses à Monsieur dAngoulesme.

iChaiitiily. Arcli. Condé. M \XlX-4ôs.)

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TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS GITES

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