Voir Appendice
nants, trois commissaires des guerres, un contrôleur gênerai des postes de l'armée, etc. A l'époque où le nom de l'illustre maréchal était encore proscrit chez nous, la municipalité de Sarrelouis avait sollicité et obtenu de son nouveau maître, le roi de Prusse, l'autorisation de décorer d'un marbre et d'une inscription commémorative, la maison dans laquelle le maréchal était né.
Michel Nev était fils de Pierre Nev, né à Enstroff, le 2 mars 1738, et de Marguerite Grevelinger. Pierre Nev avait assisté à la bataille de Rosbach, dont les récits contribuèrent peut-être à exciter chez son fils Michel une véritable passion pour le métier des armes. Disons tout de suite que ce vieux soldat ne s'éteignit qu'en 1826, et que grâce aux soins pieux de ceux qui l'entouraient, il mourut sans même soupçonner comment avait fini celui qui faisait tout son orgueil.
Voici son acte de décès :
« L'an 1826, le 2 août, à onze heures du matin, par devant nous, Jean -Joseph Olry, chevalier des ordres royaux de Saint-Louis et de la Légion d'honneur, maire et officier public des actes d'état-civil de la commune de Jarville, arrondissement de Nancy, département de la Meurthe, sont comparus Dominique- Marc Monnier, âgé de vingt et un ans, rentier, demeurant à Jarville, lequel nous a déclaré, qu'aujourd'hui, à cinq heures du matin, est décédé à la Malgrange, Pierre Ney, âgé de quatre-vingt-huit ans, natif d'Ens-
troff, près de Sarre-Louis ; laquelle déclaration faite en présence de Joseph-François-Casimir de l'Espée, âgé de trente-trois ans. capitaine au corps royal d'état-major, demeurant a Gandronviller, et ont, les déclarants et témoins, signé avec nous le présent acte de décès, après leur en avoir fait lecture.
» dk l'espée, monnier. olry, maire. »
Pierre Ney possédait une certaine aisance, qui lui permit de donner à son fils une éducation suffisante pour la carrière à laquelle il le destinait, celle du notariat. Michel entra donc, dans l'étude de Me Valette, notaire à Sar relouis. Il travailla ensuite chez le procureur du roi, il fut attaché aux mines d'Appenveyer, et pendant deux ans, aux forges de Saleck ; enfin, ne pouvant résister à sa vocation, ayant arraché avec peine le consentement de son père, il se rendit à Metz, et, le f> décembre 1788, il s'engagea dans le régiment Golonel-Général-hussards, depuis quatrième de l'arme. Son avancement, qui devait être si rapide par la suite, fut d'abord excessivement lent ; il mit vingt-cinq mois a conquérir les galons de brigadier, qu'il n'obtint que le 1er janvier 1791 ; treize mois plus tard, il est vrai, il fut nommé, le môme jour, 1er février 1792, maréchal des logis et maréchal des logis chef; adjudant sous-officier, le 14 juin ; sous-lieutenant, le 29 octobre ; lieutenant, le o novembre ; aide de camp du général Lamarque, le 23 mai 1794.
J'ai dit que je ne me proposais pas d'écrire l'histoire militaire du maréchal Ney : cette histoire est partout, mais ce que je ne saurais passer sous silence, c'est que, si nul ne déployait plus de courage, tant que durait la bataille, nul ne s»' montrait plus généreux, plus humain, quand elle était terminée. Pas une seule fois, il ne voulut exécuter les ordres de la Convention, ou ceux du Directoire, qui prescrivaient de fusiller, sans forme ou couleur de procès, les émigrés pris les armes à la main. Aux jours de sa grande infortune, si ces mêmes émigrés se montrèrent impitoyables à sou égard, du moins y eut-il un prêtre qui ne craignit pas de s'honorer en le pleurant.
« Depuis 1798, qu'il m'avait sauvé la vie. je ne l'avais pas revu, nous disait le vénérable abbé Simon, vicaire-général du diocèse de Metz : mais ayant appris sa condamnation, je lui consacrai ma messe du jour, et je la dis en noir, au mailre-autel de la cathédrale »
Les soldats l'appelaient le Rouyeoi et l'Infatigable. Ce fut Napoléon qui, dès qu'il commença aie connaître, lui donna ce glorieux surnom de « Brave des braves », que lui conserve encore l'histoire. Napoléon avait, on le sait, la manie de marier tous ceux pour lesquels il éprouvait de l'affection ; ce fut donc Napoléon qui lui fit épouser, au mois de thermidor an X, mademoiselle Aglaé-Louise Auguié, fille de monsieur et de madame Auguié, née Genêt. Elle avait été élevée à