‹ Le maréchal NeÿChapitre 99 sur 102 · MINISTÈRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DE LA GUERRE

4» Division

Bureau de la Correspondance Générale

Copie d'une lettre écrite à Son Excellence le Minisire de la Guerre par Monsieur le Lieutenant - Général Commandant la première Division Militaire, en date du 7 Décembre 1815.

Monseigneur,

J'ai l'honneur de rendre compte a Votre Excellence que l'arrêt de la Chambre des Pairs, portant condamnation de l'ex-maréchal Ney :i la peine de mort, a reçu son exécution aujourd'hui 7 courant, h neuf heures et quart du matin, sur la partie du boulevard d'Enfer située entre le jardin du Luxembourg et l'Observatoire.

Le condamné a été extrait à neuf heures de la chambre où il était détenu ; il est monté en voiture, accompagné de deux officiers de gendarmerie et du curé de Saint-Sulpice, dont il avait d'abord rejeté avec une sorte de mépris le ministère consolateur et qu'il a ensuite redemandé de son propre mouvement, avec des témoignages de résignation.

Conduit au lieu du supplice sous l'escorte d'un détache-

APPENDICE

ment de grenadiers royaux de la Hoche Jacquelin, d'un piquet de gendarmerie, d'un autre piquet de gardes nationales à cheval et de la compagnie des sous-officiers vétérans de service au Luxembourg, il a refusé en arrivant sur le terrain, de se mettre à genoux et n'a point voulu permettre qu'on lui bandât les yeux ; ce qu'il y a d'inconcevable, c'est qu'en mourant ainsi en soldat, il a osé protester encore de son innocence, comme si la trahison dont il s'est rendu coupable n'eut pas été aussi manifeste aux yeux de l'Europe qu'à ceux de la France.

Le corps du condamné a été relevé quelques instants après l'exécution et déposé à l'hospice de la Maternité pour y être gardé jusqu'à ce que l'officier de l'état-civil s'en empare et le remette aux parents.

Le nombre des spectateurs était peu considérable et la plus parfaite tranquilité a régné pendant toute la nuit et règne encore dans Paris.

Je suis, etc., etc.

Signé : d'espinois.

Pour copie :

Le Lieutenant-Colonel chef de la 4me Division.

DE KRASANS.

APPBNDIJB

Paris, 25 Décembre 1815.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous envoyer dans un mémoire adressé à son Excellence le duc de Feltre, la note de mes honoraires pour les deux affaires du colonel «le la Bédoyère et du maréchal Ney.

Le prix de 500 francs que je réclame est analogue à celui que j'ai eu pour des affaires semblables. L'affaire Argenton, qui n'avait eu qu'une longue séance, m'a été payée 250 francs. J'ai reçu 500 francs pour l'affaire Malet qui avait duré un jour et une nuit et pour celle de Boutreux, autre co-accusé, laquelle m'a occupé qu'une seule séance, un mois après.

Je m'en rapporte à vous pour la prompte liquidation de cette créance et j'offre à son Excellence mes services toutes les fois que l'occasion de les employer se présentera. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec la plus parfaite considération, votre très humble et dévoué serviteur.

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