‹ Le mari de la dame de chursChapitre 18 sur 60 · NINETTE, LOLOTTE · texte numérisé non relu

NINETTE, LOLOTTE

IMINETTE, toujours à lafenùre. Je ne l'entends plus !..

LOLOTTE. Ninette?..

NINETTE. Maman ?..

LOLOTTE. Qu'est-ce que tu regardes encore là? tu as le teint animé... les yeux Luniides.

NINETTE , owement, poussant la fenêtre.

Je n'ai rien du tout... voulez-vous m'aider à m'habiller.

(Elle va se placer devant le miroir, "k gauche ; Lalotte est derrière elle.)

LOLOTTE. Avec plaisir. .. à condition que tu me diras tout...

NINETTE. Quoi donc?

LOLOTTE. Ah ! ce n'est pas moi qu'on trompe I je ne suis pas sans connaître les ravages du coeur humain... passe-moi ta ceinture. ( Avec sentiment. ) nous sommes outes mortelles, mon enfant. .. mon Dieu! . . tu n'es pas busquée aujourd'hui... tu as tort... ça dessine la taille.

NINETTE , donnant la ceinture. Oui, maman... la voici...

LOLOTTE, attaclïant la ceinture de Ninette. Ninette, tu as quelque chose. . . tu deviens rêveuse... tu pleurniches en cachette... tu n'as plus le cœur à la danse.. . avoue, mon enfant, avoue... confie tes chagrins dans le sein maternel.

NINETTE, se jetant dans ses bras. Ah ! maman... je n'en puis plus... j'étouffe... j'en mourrai.

LOLOTTE, effrayée. Qu'est-ce que c'est?

tu me surprends, (-^yec/er/nefe.) D'abord, on n'eu meurt pas... uue!

NIWSTTE. Ohl si fait.

LOLOTTE. Quand je te dis que non...

{I/habiUanl toujours.) Cambre-toi un peu. ( mie la prend doucement par la main , / anii'ne sur le dtvaiit de la srcne, et lui dît avec douceur : ) Cà, voyons, voyons... lu considères quelqu'un?

iviNETTE. Ah ! c'est plus fort que moi... j'ai n'-sisti'- lon};-temp.s, voyez-vous?., mais il est si bon, si aimable, il m'aime tant!

LOLOTTE. Et toi, pauvre chérie! ça t'affecte? l'h bien ! quand tu t'abhncras les yeux de pleurer...

MNETTE. Ah! quand on a un mari qui vous adore, qu'on aime, qui est aux petits soins pour vous. . .

LOLOTTE, d'un air de compassion. C'est bien dur pour lui... pauvre cher homme î [Sèchement.) Il n'est pas beau, je te le dis. {Avec onction.) Mais ce n'est pas une raison : la beauté est une chose qui passe, et certainement, je ne te conseillerai jamais des inspirations qui ne sont pas à conseiller... qu'est-ce que c'est, l'autre insolent?

NINETTE, tremblante. C'est un artiste...

sans fortune... comme moi... un musicien.

LOLOTTE, avec explosion^ et jetant un cri. Ah ! quelle horreur !

NINETTE. Mais il est très-bien, au contraire... et puis, il m'aime... à en devenir fou. .. et tiens ! hier, quand j'ai fait un faux pas, c'est lui qui s'est trouvé mal à l'orchestre.

LOLOTTE , avec mépris. Un musicien !

{Ai^ec dignité.) Ma fille, vous savez ce que vous devez à votre mari... et j'espère bien que tu n'as pas de remords à te faire?

NINETTE. Ah ! jamais, jusqu'à ce jour, je n'ai pas voulu l'écouter .. mais il est si pressant, si malheureux !

LOLOTTE, d'un ton sententieux. Un artiste qui n'a pas le sou est toujours malheureux.

NINETTE. Aussi, n'ai-je pas pu lui refuser...

LOLOTTE, vivement. Quoi donc ?

NINETTE. Un rendez-vous pour ce soir, avant le ballet.

LOLOTTE, f'iVcTTîen/. Tu n'iras pas. [^Avec autorité.) Ninette, tu n'iras pas; je te défends de t'y rendre... un rendez-vous!

NINETTE. Mais il est accordé, ma mère; il en mourrait.

LOLOTTE, Je te dis qu'il n'en mourra pas, ni toi non plus... et à quelle heure?

NINETTE. C'est lui qui doit me l'indiquer, par un bouquet de roses-pompon , en comptant les heures par les roses.

LOLOTTE, à part, d'un air émeryeiiié.

MAGASIN THÉAT&AL.

Tiens, c'est gentil, ce moyen-là... je ne le connaissais pas.

NIXETTE. A moins qu'il ne vienne luimême.

LOLOTTE, (wec fermeté. En ce cas, ma chère, je le rece\Tai, moi.

NINETTE. Oh! ce n'est pas la même chose 1

LOLOTTE. Je ne lui dirai pas de malhomiêtetés... sois tranquille. Allons, lève la tête, et surtout n'oublie jamais la fidélité que tu dois à ton grigou de mari... {elle l'embrassé) un artiste ! ab I fi donc I

MNETTE. C'est égal, je l'aimerai toujours... c'est plus fort que moi.

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