GEORGES, ANSE
GEORGES
Votre Majesté est bien sévère !
ASEtE.
Vous êtes, prince, plus indulgent..
GEORGES
Si vous saviez quel intérêt m'avait inspiré cette aimable personne . si vous * connaissiez l’origine de mon admiration pour elle'..,
ANNE
C’est parce que je me suis aperçue de cet intérêt, de cette admiration, que j’ai jugé convenable d’éloigner la Duchesse...
GEORGES
Est-ce donc là une preuve de ce respect pour mes plaisirs ?..
ANNE, avec sévérité.
Celui-là, est du nombre de ceux qui pourraient compromettre votre dignité...
GEonuES, à part.
Cette froideur... ah! lady Sarah! se trompait... la Reine ne m'a jamais aimé...
(Il salue la Reine, et veut sortir.)
ANNE
Vous sortez?
GEORGES
Si vous n'y voyez pas d’inconvénient..
ANNE
Peut-être... Où allez- vous?..
GEORGES
Mais, je ne sais... j'ai besoin d’air... et ne fosse que dans Londres même... une promenade à cheval...
Autre plaisir qui pourrait compromettre votre sûreté , et que, bien malgré moi , je suis forcée de vous interdire aussi...
GEORGES, avec dépit.
C’est juste, ma sûreté, ma dignité... vous m'aviez prévenu... puis-je me retirer dans mon appartement?..
ANNE
Libre à vous... mais ce serait peu convenable. Un jour de cérémonie... tout se sait à la cour...
Il ne faut pas donner prétexte à la malveillance, et à moins d’une indisposition constatée par votre médecin ordinaire, je vous vois, pour aujourd’hui, au moins , forcé de me tenir compagnie...
GEORGES
Forcé!., ab! le ciel m'est témoin que tout à rheurc encore j’aurais regardé cela comme une faveur... Mais une faveur que l'on reçoit comme ; un ordre... un plaisir dont on vous fait un I devoir !..
voirs bien pénibles... être obligé de rester près de sa femme, parce qu'elle le désire, en dépit des scutimcns qui vous appellent ailleurs... ce doit être un supplice... Mais tenez, daus cette bibliothèque...
GEORGES
Ah ! j’ai la permission de lire ?..
ANNE
Tous les traités de philosophie, tous les auteurs qui ont écrit sur la patience ; vous le voyez, le remède est à côté du mal.
GEORGES , avec ironie, et se dirigeant vers la bibliothèque.
Je remercie Votre Majesté!..
ANNE, le suivant des yeux.
Toujours, toujours le même... ah! du moins, qu'il uc soupçonne jamais...
GEORGES, ouvrant plusieurs livres dont U nomme les auteurs.
Addisson! admirable philosophe... Milton!
poète sublime... Eh! que vois-je? un livre français... (L’ouvrant.) Traité de législation...
ANNE
Ce livre vous intéresse ?..
GEORGES, après l'avoir feuilleté.
Que Votre Majesté me pardonne... mais tenez, c’est comme un fait exprès, en ouvrant ce livre, je suis tombé sur les obligations du mariage...
ANNE
Et vous y lisez?
GEORGES
Que la femme doit respect et soumission à 4on mari...
ANNE
Il en est de même chez nous , demandez au plus mince bourgeois de la cité...
GEORGES, avec dépit.
J'ai donc moins de pouvoir que le plus humble de mes sujets?..
ANNE
Votre position n’est pas la même; notre législation ne confère pas tousses droits au plus fort; elle n'a pas sanctionné la faiblesse et l'incapacité d’un sexe qui donna tant de preuves de courage et de généreux dévouement , et la beauté n'est point en Angleterre l'objet d’un vain cuite...
Ai* d« Tu renne.
On lui transmet le sceptre et la couronne.
GEORGES
Chez les Français on la pare de fleurs.
ANNE
Ici , nous régnons sur le trône.
GEORGES
Là-bas, vous régnez dans les cœurs,
D’un peuple entier, voschannes sont vainqueurs.
ANNE
Oui , J’en conviens, pour une souveraine,
Le plus beau trône est le cœur d’un amant.
Mais par malheur c’est un trône glissant,
Qui change trop souvent de reine, (aïs.'
GEORGES
Ce n’est pas Votre Majesté qui pourrait craindre l'usurpation...
GEORGES
(lui Reine, pensant *à lady Sarali , regarde Georges
avec Sérié, puis, allant s'asseoir dans un fauteuil, elle continue avec indifférence.)
ANNE
Est-ce là tout ce qui tous intéresse dans ce cours de législation?
GEORGES
Je vois encore que le mari doit appui... secours et protection à la femme qu'il a choisie...