ENSEMBLE
Et plus mon songe serait doux , Plus il ferait de mauvais rêve.
EUGÉNIE , Las à DerVille.
Pardon , pardon , appaisez-vous , A votre courroux faites trêve ; Non , Léon n'est pas son époux , Heureusement ce n'est qu'un rêve.
CLARENCÉ.
Èh ! mais en qualité d'époux , C'est pour moi que le jour s'achève ,• Prenons garde , car entre nous , Je pourrais faire un mauvais rêve.
DUBREUIL , remettant la lettre a Ciarencé.
Reprenez votre bien.
•CLARENCÉ.
Et ma femme , je crois , Qu'elle est bien à moi.
DUBREUIL
■ Nous sommes pris , je le vois.
EUGÉNIE
Il s'adoucit, je le vois.
M ad. DE CLARENCÉ , a Derville.
Ecoutez-nous.
Et pourquoi ?
[Apart.) De leur imprudence , J'ai tiré vengeance.
EUGENIE.
De ïeur imprudence, Il tire vengeance.
CLARENCÉ, après avoir lu sa lettre.
Dieu ! quelle éloquence !
Heureuse assurance.
Wad. DE CLARENCÉ, DUBREUIL et CLARENCE.
Par un aveu sincère appaisons son courroux.
EUGÉNIE
Par un aveu sincère appaisez son courroux.
DERVILLE, après l'ensemble.
Restez, Léon. {Aux autres. ) Quant à vous....*
Bonsoir , il faut qu'on se retire , etc. tCLARENCÉ , Mad. DE CLARENCÉ , DUBREUIL.
ENSEMBLE. V O c*eï* ^ veut ({u'on se retire , etc.
EUGÉNIE
O ciel ! il veut qu'on se retire , etc. Mad. DE CLARENCÉ , d'un air suppliant.
Ah! mon oncle, c'est ici que nous avons besoin de toute votre indulgence...
DERVILLE , jouant la surprise.
Que veux-tu dire ?
Mad. DE CLARENCÉ , embarrassée.
Monsieur....
DERVILLE, de même.
Quoi, monsieur?...
Mad. DE CLARENCÉ.
Monsieur... n'est pas... mon mari...
DERVILLE , feignant une grande colère.
Comment , monsieur , n'est pas î . .
Mad. DE CLARANCÉ.
Ah î mon oncle, pardonnez...
DERVILLE, en riant, le le savais.... [S "urprise générale , excepté Eugénie.) Eugénie m'avait tout dit, et remerciez-là de m'avoir offert cette occasion de prendre une bonne revanche, car sans cela.... {A Clarencé. ) Mais ce duel... CLARENCÉ.
Il n'est que trop véritable.
DERVILLE, Malheureux î
CLARENCÉ , lui remettant la lettre.
{ Avec une dignité comique] Lisez, mon oncle ; cette
lettre est de mon colonel. {A part,) Comme l'innocence donne de l'aplomb.
DER VILLE , lisant.
a Mon cher Clarencé. La santé de votre adversaire est » entièrement rétablie; il a reconnu qu'il avait été le provo- » cateur, et a demandé lui-même que l'on cessât toute pour- » suite contre vous... Ainsi votre affaire est arrangée, vos )> camarades et moi, vous attendons avec impatience. Je me )> félicite de pouvoir vous assurer que vous n'avez jamais » cessé de jouir de la considération et de l'amitié du régi- » ment.... »
CLARENCÉ , achevant avec ga*té.
A la tête du quel j'ai l'honneur d'être , etc. Ce brave colonel !
Mad. de clarencé.
Vous voyez, mon oncle.
DERV1LLE.
Je suis satisfait de cette lettre, mais je le serais davantage sans la ruse....
DUBREUIL
Croyez, monsieur, que ce n'est qu'à votre grande colère...
DERVILLE
C'est cela, monsieur le docteur, aux grands maux les grands remèdes. Celui-là était violent.
DUBREUIL , en désignant Clarencé.
S'il a sauvé le malade.
DERVILLE
Je l'espère. ( A DubreuiL ) Pour vous, je ne puis ignorer vos sentimens peur Eugénie; vous connaissez mes intentions.
DUBREUIL
Elles combleraient tous nies vœux.
DERVILLE
Nous en parlerons demain.
CLARENCÉ , au notaire.
Heim , M. Lambert , donation , mariage , deux contrats à la fois, double vacation... S'il vous en arrivait tous les jours autant, votre charge serait bientôt payée.
(47) M. LAMBERT. C'est déjà fait.
DER VILLE
Oui • M. Lambert s'est marié.
Air : Du Vaudeville de l'Héritière
DERVILLE
Abjurons le moindre mensonge,
En affaire , même en amour,
Par fois une erreur se prolonge ,
Mais peut-elle durer toujours ? ' (Bis )
bi les cœurs faux sont un mystère
La vérité doit l'écïaircir;
L'ombre fuit devant la lumière,
Tout finit par se découvrir. (Bis.)
DUBREUIL
Jeune fille en son premier âge ,
Est un tre'sor qu'avec dessein ,
La nature discrète et sage ,
Tient long- temps cacbé dans son sein. (Bis )
JLe printemps vient , et sur ses traces ,
Lies qu on voit l'amour accourir,
Esprit , talens , attraits et grâces,
Tout finit par se découvrir. (Bis.)
EUGÉNIE
Sur rien je n'étais éveillée ,
D'amour j'ignorais jusqu'au nom ,
Quand j'entendis sous la feuillée ,
Deux ramiers dire leur chanson. (Bis.)
La tendresse de leur langage,
Malgré moi me fit réfléchir....
Voilà comme même au village,
Tout finit par se découvrir. (Bis.)
CJLARENCÉ.
Aux médecins, malgré l'envie ,
La nature entière apparaît.. .
Un malade pendant sa vie ,
Peut bien leur cacher son secret. (Bis.)
Mais il meurt.... le mal qui le tue ,
A leurs yeux vient enfin s'offrir ;
Et la maladie est connue....
Tout finit par se découvrir. ( àis. )
JOSEPH
Un' fois ( ici je le confesse ) ,
J' vis au fond d'un caveau secret ,
Vingt flacons qu'une cire épaisse ,
Depuis plus d' vingt ans recouvrait. {Bis.)
Voulant savoir de quelle côte ,
Ce vieux vin là pouvait venir...
J'en goûte. . . et 1' dernier bouchon saute ,
Tout finit par se découvrir. {Bis.)
MAD. DE CLARENCÉ , OU Public.
Si pendant ce court badinage ,
L'ennui sur vous s'est épanché ,
C'est que l'esprit dans cet ouvrage ,
Est peut-être trop bien caché. [Bis.)
Votre indulgence que j'implore ,
A le trouver doit parvenir...
Cherchez-le bien cent fois encore,
Tout finit par se découvrir. {Bis.)