‹ Le mariage a l'arquebuse comedie en un acteChapitre 9 sur 36 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

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CHAVAG?rA€.

Tais-toi donc! (Haut.) Mais pardon, inadauie, je cause, je vous parle de mes possessions, de mes souvenirs quand c’est à moi de vous écouter.

MADAME DE MABEIUL.

Je m’aperçois en effet, monsieur, que je ne vous ai pas encore dit qui je suis. Je me nomme la baronne de Mareuil: je suis veuve. J’habite cette province. Mon château est .situé à deux heures d’ici environ, sur la route xle Maguebonne.

FOIRQUEVAUX.

Ce splendide domaine que l’on aperçoit de la route, cette royale demeure est à vous, madame?... à une veuve?

MADAME DE MAREUIL, Souriant.

Oui, monsieur. (A chaTagnac.) Nous sommes voisins, comme vous voyez.

CHAVAGNAC

Je m’en applaudis, madame.

FOURQUEVAUX

Ce n’est pas assez, il en est ravi, madame. (Ras, à Chavagnac.) Comment trouves-tu cette ûgure-là ?

CHAVAGNAC, bas.

Charmante..

MADAME DE M.AREUIL.

J’ai môme sur la lisière d’un petit bois ruiné... qui tous appartient, une ferme assez importante.

FOURQUEVAUX

Dites admirable, madame. (A pari.) Une grosse propriétaire! une châtelaine splendide... et veuve! quelle idée!... (Haut.) Admirable de tous points. De vastes bâtiments d’exploitation, des champs, des prairies, un étang...

MADAME DE MAREUIL

Peuplé de canards, (tous se regardent) de sarcelles. Je fais élever là toute la volaille dont on a besoin au château, et même des oiseaux que j’aime à voir plus tard sur mes bassins ou dans mon parc : des cygnes, des faisans...

CHAVAGNAC

C’est une excellente idée. (A part.) A quel propos me faitelle cette énumération de volailles?...

i6 LE MARIAGE A L’ARQUEBLSE

FOURQUEVAUX, *»«»

Je ne sais pas encore, mais elle est ravissante, mou ami.

CHAVAGXAC.

Je suis heureux, madame, que mes goûts soient d’accord avec les vôtres.

FOURQUEVAUX

Tout à fait semblables. C’est môme d’un très-heureux augure.

CH A VA GN AC

Rien ne me plaît tant que la nature animée, vivante.

MADAME DE MAREOIL.

Vivante?... je ne l’aurais pas cru.

CHAVAGNAC

Pourquoi ‘cela, madame?

MADAME DE MAREUIL, avec un peu d’embarras.

Je vais vous le dire. Ce malin... Je ne sais comment vous raconter cela : c’est une bagatelle assurément... Ce matin, des gens que l’on a cru vous appartenir, fort à tort peutêtre, sont venus s’exercer à une petite guerre... du côté de ma ferme.

FOL'RQUEVAUX.

Voilà qui est particulier. (A pari.) C’est ce coquin de Ganymède.

Et comme ils n’avaient pas eu la précaution de ne charger leurs mousquets qu’a poudre, il en est résulté des accidents...

CHAVAGXAC.

Pour eux ?

MADA.VE DE MAREUIL

Non, pour mes malheureux élèves.

(Tous se mzlleiil devant la table.) ARTIGNAN, il part.

Je ne m’étonne plus de tout le plomb que J’ai avalé.

CHAVAGNAC

Madame, certainement... si j’avais pu prévoir... si j’avais su... il y a eu peut-être beaucoup de victimes?

SCÉxNE VI

D’ESBÈS, à pari.

Dans les canard.s principalement.

MADAME DE MAREUIL

Toutcela ne serait rien, monsieur, et je n’en aurais môme pas parlé, .si ce bruit et ce massacre n’avaient effrayé quelques oiseaux auxquels je tenais beaucoup; entre autres un paon de la variété blanche, le premier que l’on ait encore vu dans cette province, et qui m’avait été donné par mon oncle le juge criminel.

CHAVAG.NAC.

Par e.xcmple, madame, je puis vous attester...

FOUftyiEVAUX.

Un paon?

' TOI s.

Blanc ?

MADAME DE SIABEIUI..

Oui, messieurs.

FOURQEEVArX.

Il a disparu ?

MADA.ME DE .MAREtlL.

Peut-être aura-t-il passé sur vos terres.

CHAVAGXAC.

C’est possible... c’e.st probable. levais à l’instant ordonner des recherches, madame; et, si j’ai le bonheur de le découvrir...

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