A06 CONCLUSION
Condamnée par ses conséquences, l’idée de contrat est de plus contraire, nous l’avons vu, à la tradition historique sainement entendue, et aux règles du droit positif et rationnel. Par son objet, qui est la personne même, par ses lois impératives, par la noblesse et l'étendue de ses fins et des obligations qu'il impose, le mariage apparaît comme une institution primordiale, soustraite, dans son essence, aux variations législatives, et dont aucune volonté, privée ou publique, ne saurait modifier le type naturel et immuable.
Cette conception, remise en honneur dans nos lois, assurerait la stabilité des mariages, le rejet du divorce laissant subsister seulement la possibilité d’une annulation très rare en pratique; elle résoudrait ainsi l’antinomie que nous signalions au début de notre étude. Elle ferait enfin disparaître le malentendu regrettable qui existe, depuis 1789, entre l'Eglise et le pouvoir civil. Le divorce et l’ingérence excessive de l’Etat en matière de mariage résultent, nous lavons vu, de la notion de contrat, et ne sont pas, quoiqu'en pensent la plupart des catholiques, une conséquence nécessaire de la sécularisation. L'unité du mariage, sa perpétuité, les obligations qui en dérivent, sont de empire de la loi naturelle ; les prescriptions religieuses et légales doivent nécessairement tomber d’accord sur tous ces points, car elles ne sauraient s’en écarter sans fausser le concept essentiel de cette institution. Le mariage civil n’est donc, en lui-même, qu’un ensemble de formalités et de conditions destinées à constater et garantir