ACTE I, SCÈNE VIII
vous pas qu^ou loi a soufflé un esprit de révolte contre tout ce qu'il respecta^? % \
HENRI
Vous vous trompez, monsieur; je respecte toujours ce qui est véritablement respectable. Mais les préjugés du monde, ses conventions absurdes, ses hypocrisies, ses tyrannies, non, rien ne m'empêchera de les mépriser et de les haïr!
LE MARQUIS
Qui donc avez -vous épousé pour haïr la société?
HENRI
Permettez-moi de ne pas répondre.
Pourquoi ne pas le dire, mon ami ? voulez-vous laisser croira à votre oncle que votre mariage est pis qu'une mésalliance? cette pensée le tuerait. Je vais, si vous le voulez bien, rassurer son honneur inquiet... après quoi , nous partirons.
HENRI
 la bonne heure 1 (U remonte un peu.)
PAULINE
Je m'appelle Pauline Morin, monsieur le marquis ; je suis fille d*un honnête fermier.
LE MARQUIS
Vous, fille d'un fermier? avec ce langage, cette élégance?
PAULINE
La tendresse aveugle de ma mère m'a donné, pour mon malheur, une éducation au-dessus de ma naissance.
LE MARQUIS
C'est pOSSiblOt VeneZ) marquise* (n donne le bras à sa femme et remonte Ton le fond. )
PAULINE
Restez... C'est à mof de me retirer puisque ma présence vous oàt odieuse. ^
LE MARQUIS
Vous ne prétendez pas sans doute être accueillie par une * famille où vous êtes entrée à la dérobée? (MouTementduenri )
%i LE MARIAGE D'OLYMPE.
Pourquoi pas furtivement? Dites toute votre pensée, monsieur le marquis 1 mon mariage doit vous sembler un miracle d'astuce ^*J'' et de roueri&^ /
/ LE MARQUIS
Il n'y a pas eu besoin de miracle contré Inexpérience d'un enfant.
HBNA.
Mais elle voulait me fuir dans un couvent !
PAULINE
C'était une comédie et une comédie grossière... Qui espérezvous persuader de ma sincérité? Qui admettra qu'une fille du peuple rencontrant chez vous les élégances d'esprit et les délicatesses de cœur qu'elle avait rêvées , vous ait donné toute son âme? Vous avez été bien naïf de le croire ; demandez à votre oncle. Si je vous avais véritablement aimé, j'aurais refusé d'être votre femme... n'est-ce pas, monsieur le marquis?
LE MARQUIS
C'est vrai.
HENRI
Croyez-vous qu'elle n'ait pas refusé? tout ce que vous auriez . pu me dire contre ce mariage , elle me l'a dit.
PAULINE
Ce n'était pas votre bonheur seulement que je défendais ,
C* était aussi le mien. (Henri s'assied à droite de la table.) YOUS CroyCZ qUO
j'ai fait un beau rêve, monsieur le marquis? Si vous saviez ce que je souffre! Mais je n'ai pas le droit de me plaindre, j'avais prévu ce qui arrive, (a Henri.) Pauvre ami, vous ne vous rendez pas compte de ce qui se passe en vous !• j'ai peut-être fort de vous le dire... mais je n'avance vo!re clairvoyance que d'une heure. Votre amour s'eî^t fatigue dans la lutte impossible que vous avez entreprise contre les lojs du monde; vos traditions de famille, que vous avez foulées aux pieas et que vous appelez encore des préjuges, se rediessent peu à peu«.
LA MARQUISE, baa aa marquit.
Ce doit être vrai.