ACTE 111, SCÈNE VI
soupçons ne mérilent pas que je les dissipe. Croyez tout ce qu'il vous plaira.
HENRI
Vous oubliez que vous n'avez pas le droit de le prendre de si haut.
PAULINE
Pourquoi, s'il vous plaît? Je vous défie de le dire.
HENRI
Vous m'en défiez?
Tu es fou, mon ami. Ta femme a tort de s'obstiner dans uue cachotterie puérile, j'en conviens; mais, que diable, penso donc à l'infamie dont tu l'accuses.
LA MARQUISE, h Pauline.
Pauline, ayez pitié de cet insensé, ôtez-lui cet horrible soupçon !
PAULINE
Non... madame... non, je ne dfrai pas un mot.
HENRI
Misérable! Elle s'est vendue!
LE MARQUIS
Henri, votre conduite est indigne d'un gentilhomme. Demandez pardon à votre femme.
HENRI
Ah! c'est à vous que je dois demander pardon... Cette
femme, c'est Olympe Taverny! (le marquis resta atterré, Immobile, la marquise près de lui, Pauline & droite do la scène, Henri & gauche. — Henri, s'approchant de son onole et mettant un genou en terre.) Par-
donnez-moi, mon père ! pardonnez-moi d'avoir déshonoré le nom que vous portez! d'avoir consenti aux iiQpostures de cette femme, d'avoir souillé de sa présence voire chaste maison !
LE MARQUIS
Je ne vous connais plus !
LA MARQUISE
m'aimait alors! il la croyait digne de nous, puisqu'il la croyait digne de lui... Ce mariage a été la fuulc de son enrance
(l non le crime de son honneur... Ne le repoussez pas, mon umi, il est bien malheureux !
Le marqoig, après un silence, tend la main à Henri, et le relève sans le regarder* Henri pYend les mains de sa tante et les baise arec effusion.
HENRI
Je vais souffleter M. de Beauséjour. Un duel à mort, au pistolet, à dix pas.
LE MARQUIS
Va, je serai ton témoin. (Henri sort.