‹ Le mariage d'Olympe; pièce en trois actes en proseChapitre 18 sur 84 · SCÈNE IX. PAULINE, HENRI · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. PAULINE, HENRI

HENRI

Jure-moi que tu ignorais la présence de mon oncle à Pilnitz, jure-lc moi sur ta vie!

PAULINE

Sur ma vie, sur la tète de ma mère! Quelle mauvaise pensée t'a traversé l'esprit?

HENRI

Pardonne-moi! mais, tu l'as deviné, je souffre, je vais quelquefois jusqu'à douter do toi; et ce roman que tu as si vite imaginé...

PAULINE

Tu crois qu'il était préparé?

HENRI

Je l'ai craint un moment, et mon cœur s'est serré.

PAULINE

Pauvre enfant! tu as pensé que je voulais entrer dans ta famille, que je voulais être comtesse pour tout de bon?

HENRI

Oui.

PAULINE

Je ne t'aurais donc épousé que par ambition? 0 Henri! A quoi tient ton estime pour moi ?

Ne m'en veuille pas; j'ai l'esprit malade.

PAULINE

Je le sais, et c'est pourquoi j'ai voulu te rendre ta famille, car je sens bien que mon amour ne te suffît plus... Mais [ilutôt que d'encourir un soupçon de toi, je vais dire toute la vérité à ton oncle.

HENRI

Elle le tuerait... elle le tuerait!... (u tombe assis sur le divan.)

PAULINE

D'ailleurs, nous partirons après-demain... demain, si ce mensonge te pèse...

HENRI

Oui! Tu l'as fait dans une intention pieuse, et je t'en remercie; mais je n'ai pas le droit de violer les préjugés de mon oncle, et surtout de les violer à l'abri d'une- supercherie. Chaque serrement de main , chaque mot que tu échangerais avec ma famille serait un abus de confiance dont je rougirais.

PAULINE , l'entourant de ses bras.

Nous partirons ce soir Chassez les nuages de votre beau

front, mon enfant adoré! je ne demande pas mieux que de ne vous partager avec personne. Allons, venez! venez rejoindre ces pauvres gens à qui vous enviez la joie que je leur procure.

HENRI

Tu es un ange !

PAULINE

C'est toi qui m'as donné des ailes ! (EUe lul donne mignardement le bras ; Henri l'embrasse au front. - A part.) MC VOilà COmteSSe!

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